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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 19:16

suite des articles précédents


Longtemps, la parole a été confisquée par les clercs, mais elle a été brutalement libérée au XVème et XVIème siècles suite à l’invention de l’imprimerie qui a multiplié les possibilités de lecture. Les « humanistes » de cette époque furent des clercs mais aussi de très nombreux laïcs ! Cela a donné les Réformes protestantes. De même, l’Internet à notre époque permet de contourner les clergés et les dirigeants de communauté et donne la parole à qui veut la prendre, … quitte à lui à se trouver une audience ! On assiste donc à un réel  dégel.


Les internautes, habitués du courrier électronique, des blogs, des groupes de discussion (par exemple sur Yahoo) et des forums thématiques, aujourd’hui des réseaux sociaux comme celui de Facebook, etc., s’en donnent à cœur joie. Leur comportement dépend t-il de leur appartenance religieuse ? Les communautés religieuses encouragent-elles à ces nouvelles formes de relation ?


1) Avec qui ?


Pour certains, ce sera plutôt une discussion en interne, entre militants ou membres d’une même communauté ou mouvement, mais d’autres souhaiteront utiliser l’Internet pour élargir leur cercle habituel de relation avec des sympathisants, avec des personnes d’autres mouvances mais avec lesquelles on peut néanmoins discuter d'une façon positive, ou encore en inter religieux tout azimut. Alors que certains intellectuels continueront d’écrire des articles dans des revues ou les grands médias, d’autres au contraire n’hésitent pas à descendre dans l’arène publique : des blogs personnels où ils se lâchent, des forums où ils prennent le temps de répondre aux multiples questions, les réseaux sociaux où ils peuvent tester leur célébrité, etc.


2) jusqu’où ?


Jusqu’à quel niveau peut aller la discussion ? S’agit-il d’un espace-salon où les participants trouvent simplement plaisir à échanger ou encore à convaincre les autres de leurs arguments, ou bien y a-t-il un enjeu décisionnel : une consultation, voir même à terme une décision à prendre ? Des assemblées générales se font ainsi à distance grâce à l’Internet ; on peut avoir ainsi de véritables espaces synodaux. Mais les dirigeants vont-ils tous accepter des discussions touchant aux orientations même de leur mouvement ou organisme ? Encore moins si les débats sont accessibles en dehors de leur communauté : les grincheux diront tout de suite que les dirigeants sont contestés par une partie de leurs fidèles, que la mouvance est divisée, que les gens se querellent, etc.


3) dans quel sens ?


Avec l’Internet, les dirigeants peuvent mieux informer des activités, expliciter les orientations prises et les directives : il y aura alors finalement plus d’informations reçues que de discussions émanant de la base. De nombreux groupes fonctionnent ainsi comme de simple listes de destinataires à qui on adresse de temps à autres des informations. On reste alors loin d’une dynamique de la base où peuvent se produire des émergences, de nouvelles idées ou projets, etc.


4) de quoi ?


Le contenu des messages dépendent finalement beaucoup des motivations des uns et des autres. Il y a des « amicaux » qui ont soif de convivialité, des « contemplatifs » qui s’extasient devant une photo, la beauté d’un paysage, et veulent montrer aux autres, des « exaltés » spirituels qui partagent leur foi de confessant et veulent convaincre les autres de la Vérité qu’ils ont découverte et qui les anime, des « militants » qui mettent à profit l’Internet pour faire connaître leurs idées leurs activités, leurs programmes, et élargir leur audience, des "encartés" qui rabâchent les positions officielles de leur communauté, des « auteurs » soucieux de diffuser leurs publications, des « partisans » qui donnent leur avis et opinion d'une façon tranchée, sans nuance, des « explorateurs » qui transmettent des trouvailles exotiques ou insolites trouvées sur la Toile, des « approbateurs » qui applausissent à ce que disent les autres et à l’inverse des « opposants » qui trouvent à redire sur ce que disent les autres sans pour autant prendre l’initiative des messages, et puis encore des « prudents » et des « frileux » qui en disent le moins possible, sinon des « silencieux » qui s’inscrivent sans se présenter mais sont là pour recevoir des informations ou se tenir au courant, etc., et, fort heureusement, des « accrocs » qui sautent sur tous les fils de discussion !


A l’aune de la discussion, on ne retrouvent pas forcément les clivages habituels : conservateurs / progressistes (car il peut y avoir des mouvances progressistes de type autoritaire), dogmatiques / libéraux (la mouvance évangélique s’avère par exemple très discutante en dehors d’un noyau dur de croyances).


L’existence même d’Internet pose la question : ma communauté, mon mouvement, ma mouvance a-t-il une politique de communication volontaire, affichée, dynamique ? Se contente-t-il d’un site-vitrine ? ou bien met-il à profit les nouveaux outils pour que ses membres s’en servent ? A chaque nouveauté technologique, certains montent dans le train et d’autres regardent filer le progrès ! Tant pis aux absents ...

 

interfaith en tissus

 

Pour les unitariens la liberté d’expression découle de la liberté de penser et de croyance. Ils ne peuvent qu’être participants de ce qu’Internet met à notre disposition. Ils ne sont nullement gênés par cette ouverture aux autres puisqu’ils n’ont pas de credo limitant l’entrée à leurs assemblées et qu’ils prônent l’ouverture aux autres religions et spiritualités (et leur mise sur le même plan par l’unitarisme-universalisme) ; mieux, ils portent le soucis d’un langage universel (paroles, gestes rituels, etc.), du moins lisible, accessible à tous, compréhensible à notre intelligence et raison (donc pas d’ésotérisme) afin de pouvoir communiquer aisément avec tous. La communauté se fonde sur les inter relations de ses membres et non sur des opinions communes ; l’empathie et la tolérance sont toutefois nécessaires, de même que la curiosité et l’attention aux autres, et, surtout, le vif sentiment que nous constituons une même famille humaine.

Fin

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Published by Jean-Claude Barbier - dans l'aventure numérique des unitariens
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