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21 novembre 2013 4 21 /11 /novembre /2013 03:33

La cathédrale est au coeur de la cité, mais dans les villes médiévales ce n'est qu'au tout dernier moment, en débouchant sur la place de l'église, qu'on en découvre la façade splendide et majestueuse. Avant, on en sent la présence souveraine, marquée par un clocher au-dessus des toits, entrevu au détour des rues, comme par hasard, comme par flash. L'architecte Laurent Kohler a très bien rendu cette approche visuelle, à la fois réelle et fantasmagorique, en ce qui concerne la cathédrale de Strasbourg, à voir en vidéo :

 

La cathédrale au coeur de la cité, à la fois visible et invisible, faisant peuple, intégrée à l'histoire de la cité, en contenant les évènements majeurs, les points d'orgue comme les souffrances, toute palpitante, tout autant exceptionnelle que familière aux yeux de ses habitants ...

Pour en savoir plus sur les dessins de Laurent Kohler, voir son site perso (lien).

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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 10:28

lovis_corinth_ecce_homo_1922.jpgUn tableau de 1925, du peintre impressionniste et expressionniste allemand Lovis Corinth (1858-1925) représentant Jésus -  "Ecce Homo" (voici l'homme") - lors de son arrestation, entre un dragon prussien (avec, sous la cuirasse de la soldatesque, la tunique pourpre du pouvoir) et un psychiatre tout de blanc vêtu (la science innocente et neutre qui prête ses services ! Certains y ont vu le portrait de Joseph Goebbels au nez aquilin et petit de taille, et qui rejoint les nazis en 1924). En 1925, nous sommes, au début du fascisme allemand. Le Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP) venait d'être fondé par Adolph Hitler en 1920. Un "Programme en 25 points" exposa dès le 24 février 1920, à la brasserie Hofbräuhaus de Munich les idées fortes du mouvement : l'abrogation du traité de Versailles et l'exclusion des juifs de la citoyenneté allemande ... Or Jésus était juif !

Le Jésus porte la couronne d'épines et les marques encore sanglantes de la flagellation ; mais aussi une curieuse tunique qui ressemble à une robe du soir et un maquillage au lèvres. Jésus travesti par dérison ? Avec les juifs, les homosexuels commençaient à être persécutés par les nazis. En 1921, le sexologue allemand Magnus Hirschfeld, juif et homosexuel, qui défendait les homosexuels, fonda son institut où, plus tard en 1930, eut lieu la première transformation génitale d'un homme en femme (Lili Elbe, née Einar Wegener 1882-1931, qui fut danseuse danoise). Est-ce un auto portrait du peintre ?

Le peintre mourut en 1925 et ses oeuvres furent mis à l'index en 1929 par les nazis parvenus au pouvoir en tant qu'art "dégénéré" ...

Cette actualisation du procès de Jésus à ce que nous vivons en notre temps va dans le sens pédagogique de la lecture des textes du Nouveau testament (lien).

Nous remercions Michel Leconte, de nous avoir fait découvrir ce peintre et Jean-Pierre Vougre pour ses commentaires, tous deux membres du groupe "Protestantisme libéral" sur Facebook, 

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5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 03:09

kox sacrifice de JésusUne oeuvre actuellement exposée à Paris ( lien). Nous remercions Régis Pluchet d'avoir attiré notre attention (au sein du groupe Facebook "Protestantisme libéral") sur cette oeuvre très fortement expressive.

 

D'après ce que nous voyons sur ce tableau, ce sont les puissances du Mal qui ont crucifié Jésus. Il s'agit d'un sacrifice orchestré par un prêtre portant l'uniforme nazie (avec une rune en forme d'Y renversé en guise de brassard, celle d'Elhaz que les cercles ésotériques nazis affectionnaient) et agitant une croix qui a poussé comme une plante à son extrémité (sans doute une mandragore qui faisait partie de la panoplie de nos magiciens médiévaux) . Les traits sont négroïdes de type rustique (les têtes sont clonées, dépourvues de toute individuation, identiques à celle du sacrifiant). La réunion assurément secrète se tient en pleine brousse, aux abords d'un bosquet de maigres arbustes. Hormis le prêtre, on ne voit que la tête des participants dans l'obscurité, ce qui peut faire penser à un rituel vaudoun nocturne (sauf que cette religion sacrifie des animaux et jamais des êtres humains ! lien).

Le sacrifice vide le supplicié de son sang. Les traces d'une flagellation sanglante descendent d'ailleurs jusquà ses pieds. Un crâne de mort recueille ce sang et celui-ci forme un véritable ruisseau où se reflète le crucifié.

Il n'est pas question ici de résurrection, mais ce sang, qui coule dans une steppe plutôt aride, va régénérer la terre. Après que le Mal ait été vaincu par la lance même qui perça le flanc de Jésus ... et qui transperce le serpent, la rivière de sang se couvre de nénuphars et irrigue un pommier coupé qui reverdit et donne un premier fruit (pendant de la pomme grignotée et jetée négligemment au pied de la croix - qui est celle d'Adam et Eve !  - non loin d'un champignon que l'on devine vénéneux). Le bras droit (car la rivière de sang joue le rôle de miroir) du Christ se soulève, montrant que le supplicié se libère de ses clous. Puis le sang devient de l'eau pure coulant sur des galets.

Ce passage du Mal au Bien, grâce au sang rédempteur, est en fait une inversion, le Mal devenant le Bien. L'image du crucifié, les bras levé, est de la même forme que la rune du brassard nazi.

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5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 02:21

Après une vie de routard en bande à la Harley Davidson (biker en anglais), l'Américain Norbert Kox a découvert Dieu et s'est retiré en ermite dans la forêt du Wiscontin. Avec ses tableaux, il est devenu le chef de file de l'école des visionnaires. Il faut dire que ses oeuvres sont particulièrement colorées ! Il expose à Paris à la Halle Saint Pierre  jusqu'au 22 août 2014, dans le cadre de l'exposition "Raw Vision, 25 ans d'art brut". Mikael Corre lui a consacré un article dans Le Monde du 2 octobre 2013 :  "Norbert Kox, le biker de l'Apocalypse" (lien).

A voir ces cavaliers de l'Apocalypte "Les chariots des dieux aux roues de feu" aux extrémités d'un arbre de feu réduit à un tronc sec de fibres torsadées, avançant tel un cyclone sur une surface bleue glacée. Ils chevauchent leurs montures hippocampes comme des motos, semant la terreur. L'un d'entre eux (en blanc) porte la tiare papale et fait le signe de la victoire du Pouvoir ! ceci dit, l'artiste n'appartient à aucune Eglise. Un autre en rouge apporte la Guerre, un troisième, en vert, la Mort, et en bleu, la Famine (Apocalypse 6, 1-8).

norbert_kox_apocalypse.jpg

(1) Et ma vision se poursuivit. Lorsque l’Agneau ouvrit le premier des sept sceaux, j’entendis le premier des quatre Vivants crier comme d’une voix de tonnerre : « Viens ! »

(2) Et voici qu’apparut à mes yeux un cheval blanc ; celui qui le montait tenait un arc ; on lui donna une couronne et il partit en vainqueur, et pour vaincre encore.

(3) Lorsqu’il ouvrit le deuxième sceau, j’entendis le deuxième Vivant crier ; « Viens ! »

(4) Alors surgit un autre cheval, rouge-feu ; celui qui le montait, on lui donna de bannir la paix hors de la terre, et de faire que l’on s’entr’égorgeât ; on lui donna une grande épée.

(5) Lorsqu’il ouvrit le troisième sceau, j’entendis le troisième Vivant crier : « Viens ! » Et voici qu’apparut à mes yeux un cheval noir ; celui qui le montait tenait à la main une balance,

(6) et j’entendis comme une voix, du milieu des quatre Vivants, qui disait : « Un litre de blé pour un denier, trois litres d’orge pour un denier ! Quant à l’huile et au vin, ne les gâche pas ! »

(7) Quand il ouvrit le quatrième sceau, j'entendis la voix du quatrième être vivant qui disait : « Viens ! ». (8) Je regardai, et voici que parut un cheval d'une couleur verdâtre. Celui qui le montait se nommait la mort, et le séjour des morts l'accompagnait.

Alors, on leur donna pouvoir sur le quart de la terre, pour exterminer par l’épée, par la faim, par la peste, et par les fauves de la terre.

Pour une interprétation de ce texte, voir l'article Wikipedia qui lui est consacré (lien).

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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 02:25

La basilique conçue par l'architecte et artiste Antoni Gaudis à Barcelone et commencée en 1882 sera achevée en 2026 (A. Gaudis est décédé en 1926). Une vidéo publiée par Le Point donne à voir ce qui reste à construire (lien).

sagrada-familia.jpgDédiée à la Sainte famille, on s'attendait à ce que sorte le chiffre trois si caractéristique de la pensée indo-européenne (lien) et que l'on retrouve avec le trio de la garde rapprochée de Jésus (Pierre et les deux fils de Zébédée, Jacques et Jean, par exemple au jardin de Gethsémanie) et puis surtout avec la Trinité. A partir de l'évangile de l'Enfance de Luc, mais aussi le récit de la Fuite en Egypte de Matthieu, l'Eglise catholique a inventé et développé le thème de la Sainte famille avec Père-Mère-Enfant, ceci en flagrant délit de contre sens car les évangiles synoptiques nous disent combien la propre famille de Jésus (sa mère, ses frères et ses soeurs) était en désaccord avec lui (lien) et que Joseph n'est pas actif dans le ministère public de son fils, assurément déjà décédé.

Mais en comptant le nombre de flèches, nous sommes bien au-delà du chiffre trois. Serait-ce à dire que l'architecte a aussi compté les frères et les soeurs de Jésus ? (cousins et cousines pour les catholiques, demi-frères et demi-soeurs pour les orthodoxes), où bien est-ce pour nous dire que nous sommes tous de la famille de Jésus ? A défaut d'une Famille sacrée on aurait une sacrée famille !

aquarelle de Jean Pattou, Lille, 1998 (lien).

C'est plutôt le chiffre quatre qui ressortirait, un carré de 4 flèches de côté encadrant la principale, ce qui faut penser à la construction idéale du temple dans la vision d'Ezéchiel : les parents de Jésus présentant leur enfant au Temple à l'âge de 12 ans ? Ou encore les 4 évangélistes avec 4 flèches entourant la centrale qui est dédiée à Jésus, et qu'on retrouve avec leurs animaux emblématique aux 4 flèches marquant les angles de l'édifice ; ou encore les douze petites flèches de la façade principale symbolisant les Douze apôtres ; etc. Mais la pensée de l'architecte était tellement foisonnante et jubilatoire que sa symbolique touche à tous les thèmes chrétiens ainsi que le montre très bien l'article consacré à ce monument dans Wikipedia (lien).

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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 15:33

les_gueux_et_l-_islam.jpg

les_gueux_plaque_sur_le_mur_de_la_caserne.jpg

Sur cette plaque se trouvent également les emblèmes des Gueux : le croissant, l'écuelle et la besace, ainsi que les mains jointes. Autour se lit : "Liever Turx dan Pausch" : Plutôt Turc que Papiste ! (l'une des devises des Gueux). Bel exemple de pragmatisme politique que le roi de France François 1er partageait, ayant lui-même fait alliance avec Soliman.  Information transmise le 23 septembre 2013 par Cédric Roulent au groupe "Protestantisme libéral" de Facebook, photo prise sur la page "Itinéraire protestant à Bruxelles".

les_gueux_la_plaque.jpg

C'est à l'hôtel de Culembourg, où s'élève aujourd'hui la caserne Prince Albert, que retentit pour la première fois le cri de guerre des protestants belges "Vive les Gueux !". C'est dans cet hôtel que fut dressé par une douzaine de nobles, après une prière faite par le pasteur François Junius ou Du Jon, la célèbre requête qui allait être signée par plus de mille nobles et représentée par 300 d'entre eux à la gouvernante Marguerite de Parme. Le 5 avril 1566, ils s'étaient rendus en cortège de l'hôtel de Culembourg au palais de la gouvernante. C'est au cours de la remise de la requête qu'un conseiller de Marguerite lui aurait dit "Rassurez-vous, Madame, ce ne sont que des gueux !".
Le 8 avril (et non le 6 comme le porte par erreur la plaque) eut lieu un grand banquet. Au cours de celui-ci, Henri de Bréderode révéla les paroles injurieuses, puis se passant au cou une besace de mendiant il but dans une écuelle de bois et s'écria: "j'ai bu à la bonne grâce des Gueux. Vivent les Gueux !".
C'est le 28 mai 1568 que le duc d'Albe fit raser l'hôtel de Culembourg, répandre symboliquement du sel sur son emplacement et élever une colonne expiatoire, portant l'inscription suivante "Sous le règne de Philippe II, roi très catholique d'Espagne, don Ferdinand Alvarez de Tolède, duc d'Albe, gouverneur des Pays-Bas, a fait raser la maison qui a été en cette place, à cause des conspirations qu'on y a faites contre l'Eglise catholique romaine et contre Sa Majesté, l'an 1568". ('Professeur Roulent' sur Facebook, lien).

Pour l'histoire des Gueux, voir notre précédent article "Les Gueux de Bruxelles" (lien).

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13 août 2013 2 13 /08 /août /2013 12:20

Le 18 août 1950, le Conseil de l'Europe (qui avait été créé en 1949 pour défendre les droits de l'Homme et promouvoir la culture européenne) cherche un symbole pour le représenter. Une commission est mise sur pied avec comme rapporteur Robert Bichet : député du Mouvement républicain populaire (MRP) de Seine-et-Oise (1946-1958) et alors vice-président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (1949-1959). Il sera par la suite maire d'Ermont (1959-1971), conseiller général du Val-d'Oise, canton d'Ermont (1967-1976), et conseiller régional d'Île-de-France. Le Belge Paul-Henri Spaak, l’un des pères de l'Europe (avec les MRP français Robert Schuman et Jean Monnet, etc.), qui est socialiste, marmonne alors : « Question délicate » ! Elle le fut …
International_Paneuropean_Union_flag.pngLa commission en reste à des considérations générales : simplicité, lisibilité, harmonie, esthétique, équilibre, valeur symbolique. Elle reçoit de nombreux projets dont un « E » vert (pour signifier sans doute l’espérance !) sur fond blanc, ou encore le drapeau du Mouvement pan-européen avec en son centre une croix rouge sur fond bleu azur (avec déjà les 12 étoiles). Mais les socialistes et les Turcs (car la Turquie est membre de ce Conseil de l’Europe) y voient une croix chrétienne et s’y opposent. Un styliste japonais, quant à lui, veut représenter les 15 Etats par autant d’étoiles dorées sur un fond bleu ; il propose de disposer ces étoiles selon la géographie réelle des Etats ce qui donne une constellation qui ressemblait à la Grande Ourse !


C’est alors qu’intervient Paul Marie Gabriel Lévy (1910 - 2002) qui s’occupe de l’information au Parlement européen de Strasbourg. Il était, de formation, ingénieur commercial et licencié en sciences économiques (de l’Université libre de Bruxelles). Résistant belge, de sympathie socialiste, il milita au lendemain de la Guerre à L'Union démocratique belge (UDB) qui visait à rapprocher les socialistes et les sociaux-chrétiens (ses membres étaient principalement des sociaux-chrétiens). Après un échec aux élections de 1946, le parti est dissous, mais l'idée du rassemblement des progressistes restera cependant vivace en Wallonie. Il avait soutenu le projet consistant à avaliser le drapeau du Mouvement pan-européen, mais son rejet, fait qu’il est désormais intéressé par les étoiles du styliste japonais. Il s’adresse alors à un peintre qui travaillait au service du courrier du Parlement à Strasbourg, Arsène Heitz (1908-1989), lequel s’était manifesté en déposant de lui-même des projets. C’est ce dernier qui dessina les 12 étoiles dorées sur fond bleu que nous connaissons.


Y a-t-il eu une conspiration catholique ? pour faire avaliser la couleur mariale par excellence, le bleu (mais nous avons vu que cette couleur avait été proposée … par un Japonais !), et les 12 étoiles de l’Apocalypse en couronnement de la Vierge : « Un signe grandiose est apparu dans le ciel, une femme revêtue du soleil, la lune sous ses pieds, et sur sa tête une couronne de douze étoiles » (Ap 12, 1). P.M.G Lévy était d'origine juive, mais s'était converti au catholicisme au début de la guerre, en juillet 1940. Il enseignait à l’Université catholique libre de Bruxelles et à l'Université de Strasbourg. Quant à Arsène Heitz, lui aussi était catholique et il avait soumis un projet reprenant l’oriflamme de Charlemagne (qu’il pensait être de couleur vert, ce que ne confirment pas les historiens) par lettre du 5 janvier 1952 à Filippo Caracciolo, secrétaire général du Conseil de l’Europe (lien).
Monsieur, J'ai l'honneur de soumettre à votre bienveillante attention un projet de drapeau européen, dont certaines caractéristiques conviendraient particulièrement au drapeau de l'Union européenne et de l'Armée. Ce drapeau s'inspire de l'Étendard de Charlemagne par sa couleur verte (dont il est possible de varier la teinte) et des drapeaux des États scandinaves pour la disposition de ses emblèmes.
Il sera donc :
1) vert, en souvenir de l'Étendard donné à Charlemagne par le Pape Léon III, lors du sacre à Rome à la basilique Saint Pierre en l'An 800.
2) portera la croix rouge au liseré d'or, ces deux couleurs symbolisant le sacrifice et la fraternité des peuples unis dans un même idéal, la prospérité et la civilisation qui résultera de cette union.
3) Dans le cas de l'adoption de ce drapeau par l'Union Européenne et l'Armée, il sera facile d'insérer au cœur de la croix l'emblème national de chacun des États participants. En effet il est difficile d’effacer brusquement et de remplacer sans transition des pavillons nationaux qui ont suscité l'enthousiasme et le sacrifice de tant de héros pour leur patrie.
Le fait d’autre part de mettre la croix figurant sur les emblèmes Scandinaves, à l’étendard de Charlemagne, peut symboliser l'avènement d'une Europe plus complète que celle de l'Empire Carolingien. Les renseignements concernant l'Étendard de Charlemagne se trouvent à la bibliothèque Château des Rohans à Strasbourg.
europe_drapeau.jpegPour Arsène Heitz la référence à la vision de l’Apocalypse sera avouée sans fard plus tard ; pour PMG Lévy, c’est plus délicat du fait de sa position au sein de la Commission, mais il sut mettre en avant des considérations plus générales qui, elles, seront admises : le chiffre symbolique de 12 renvoie à une multitude à la fois diverse et unie (les douze tribus d’Israël, les Douze que Jésus choisit pour animer son mouvement, les douze Eglises de l’Apocalypse qui désignent toutes les communautés naissance du christianisme) – et cela dispense d’avoir à refaire le drapeau chaque fois qu’il y a cooptation d’un nouveau membre comme c’est le cas des étoiles du drapeau américain ! Ce sera donc 12 étoiles et non pas 15 comme c’était le nombre des Etats membres lors de la décision. Par ailleurs, ce même chiffre symbolique renvoie à un cycle de temps complet (donc parfait !) : les douze mois de l’année, les douze coups de minuit pour célébrer le passage à un Nouvel An, les douze signes du Zodiaque, etc. On voit bien par là que l’Apocalypse se situe dans une culture antique plus large, biblique entre autres, dont il reprend les symboles.
Un drapeau marial de toute évidence, ceci au nez et à la barbe des socialistes et des Turcs ! Pour un récit plus détaillé, lire.


Par la suite, les unes après les autres, toutes les instances européennes adopteront le même emblème. L’apothéose se fera à Paris lors d’une cérémonie qui – simple coïncidence dira-t-on – fut de nouveau un clin d’œil au culte marial : le texte portant adoption du drapeau fut signé le 8 décembre 1955, le jour de l'Immaculée conception dans le calendrier catholique. Amen !

Ceci dit, ce drapeau européen a le mérite de s'inscrire dans une histoire et une culture (bien au-delà du seul culte marial) et de ne pas être un simple graphisme abstrait.

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5 août 2013 1 05 /08 /août /2013 07:10

strasbourg_2013_7juillet_cathedrale_P1012404.JPG

Dans le cas de la cathédrale de Strasbourg, dans le triangle qui surmonte le portail central de la façade principale, c'est une tête humaine, majestueuse et barbue, à moins que ce ne soit celle de Jésus lui-même au sommet d'une lignée davidique commençant par le roi David montrant un document écrit, puis une Vierge à l'Enfant ... et au sommet d'un angle triangulaire. Elle fait penser aussi, cette tête, à celle de Jean-le-baptiste coupée à la demande de Salomé et apportée à Hérode Antipas sur un plateau.

Pour la distraction, voir les deux ours qui portent le trône de la Vierge Marie, pendant que leurs petits gambadent joyeusement dans les escaliers !

Dans le cas d'un vieux manuscrit de l'Eglise principale de Gorinchem, au Pays-Bas, Dieu prit carrément les traits de Jésus (lien).

Photo de Jean-Claude Barbier, juillet 2013.

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5 août 2013 1 05 /08 /août /2013 06:37

strasbourg 2013 7juillet cathédrale P1012405

façade de la cathédrale de Strasbourg, photos Jean-Claude Barbier, 2013

strasbourg 2013 7juillet cathédrale P1012406

A gauche les folles dans une ambiance joyeuse et débridée où l'artiste s'en ait donné à coeur joie, à droite les sages montrées en exemple par Jésus lui-même ou un ancien (les deux doigts sont ceux de Jésus rabbi enseignant, mais il n'est pas auréolé). La première des Vierges folles mange une pomme, celle qu'Eve mangea ... ce qui est un comble ! Les sages tiennent bien en main et verticalement la coupe pleine d'huile pour l'acceuil de l'Epoux.

 

C’est Matthieu qui raconte (Mt 25, 1-13)
« Alors le royaume des Cieux sera comparé à dix vierges qui, ayant pris leurs lampes, sortir à la rencontre de l’époux. Or cinq d’entre elles étaient folles et cinq avisées. Car les folles, ayant pris les lampes, ne prirent pas d’huile avec elles ; mais les avisées prirent de l’huile dans les fioles avec leurs lampes. Or, l’époux tardant, elles s’assoupirent toutes et dormirent. Mais au milieu de la nuit, un cri arriva : ‘Voici l’époux ! sortez à sa rencontre !’. Alors toutes ces vierges-là se réveillent et apprêtèrent leurs lampes. Les folles dirent aux avisées : ‘Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent’. Mais les avisées leur répondirent, disant : ‘De peur qu’elle ne suffise pour nous et vous, partez donc chez ceux qui en vendent et achetez-en pour vous’. Or, celles-ci s’en étant allées en acheter, vint l’époux, et celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui aux noces, et la porte fut fermée. Finalement, viennent aussi les autres vierges, disant : ‘Seigneur, Seigneur, ouvre nous !’. Lui, répondant dit : ‘En vérité je vous le dis, je ne vous connais pas’. Veillez donc, parce que vous ne savez pas le jour ni l’heure ».
Marc (Mc 13, 35) retient seulement l’idée principale (ce qui montre bien que le texte matthéen est antérieur ; le Matthieu araméen d’avant la version grecque que nous connaissons) : « Veuillez donc, vous ne savez pas, en effet, quand le seigneur de la maison vient … ».
De même chez Luc (13, 25), c’est le dénouement seul qui est repris ! : « Une fois que le maître de maison se sera levé et aura fermé la porte et que vous aurez commencé à rester dehors et à frapper la porte, disant ‘Seigneur, ouvre-nous !’ et, répondant, il vous dira : ‘Je ne connais pas d’où vous êtes’ ».
Paul semble connaître cette parabole car il exhorte ainsi les Thessaloniciens (1 Th 5, 6-8) : « Ainsi donc, ne dormons pas, comme les autres, mais veillons et soyons sobres. Car ceux qui dorment dorment la nuit, et ceux qui s’enivrent s’enivrent la nuit. Mais nous, étant du jour, soyons sobres … ».
Egalement Pierre si l’on en croit la première épître qui lui est attribuée : « La fin de toutes choses arrive. Soyez avisés et sobres, en vue de la prière … Chacun, selon le charisme qu’il a reçu, le mettant au service des autres, comme de bons intendants de la multiple grâce de Dieu » (1 P 4, 7-10) ; « Soyez sobres, veillez. Votre adversaire, le Diable, comme un lion rugissant, circule en cherchant qui dévorer. Résistez-lui, solides par la foi » (1 P 5, 8-9), fichtre !.
Plus tardivement, Clément de Rome, dans ses Homélies (3, 60-64) évoquera lui aussi cette attente vigilante du chrétien : « Heureux cet homme que son maître établira sur le service de ses serviteurs pour leur donner les nourritures en leur temps, et ne disant pas en son cœur : 'Mon maître tarde à revenir’. »

Source : Synopse des quatre évangiles, P. Benoît et M.-E. Boismard, Paris, éditions du Cerf, 2001, p. 270-271).

Seul Matthieu parle de l’époux, ce qui fait penser à celui du Cantique des cantiques, à savoir Dieu lui-même qui chérit la fille de Sion (et lui pardonne ses péchés après l’Exode dans un poème de retrouvailles). Après Matthieu araméen, ce sera "le Maître", celui qui est à la tête d’un domaine et y fait vivre ses gens et ses serviteurs, qui est assez riche pour épouser jusqu’à 10 vierges et avoir un intendant pour la gestion de ses biens ! C’est le « seigneur » au sens antique du terme, l’adonaï des textes hébreux et le kyrios des textes grecs. Est-ce toujours Dieu ? ou bien Jésus qui lui est associé dans la perspective eschatologique ? Avec en écho la longue attente des chrétiens depuis que Jésus est mort et leur a promis de revenir : « Mon maître tarde à revenir » dans le texte de Clément de Rome (IIème siècle) …
Les vierges sont dites « folles » car non prévoyantes, non raisonnables, n’ayant pas su s’organiser pour ce qui est important : être prêt pour la fin des temps. Il n’est pas dit qu’elles sont pécheresses ni indécentes et il ne faut y voir une parabole moralisante, mais une invitation, reprise du message d'urgence de Jean-le-baptiste : la Fin des Temps est proche.
Ceci dit, avec l’artiste du tympan droite de la façade principale de la cathédrale de Strasbourg, les vierges « folles » se dévergondent dans un laisser aller plein de fantaisie : une ambiance de surboum avant la lettre !

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5 août 2013 1 05 /08 /août /2013 06:33

bruxelles_2013_juillet_12_P1012459.JPGbruxelles_2013_juillet_12_P1012460.JPG

Au XVIe siècle, les Pays-Bas désigne un vaste ensemble de possessions qui s’étire de l’Artois (Flandres romane ou gallicane, de langue française, qui correspond au Nord actuel de la France) jusqu’en Frise, au nord de la Hollande. On distinguait les Pays-Bas du Nord de ceux du Sud ou Belgica Foederata ou encore Belgica Regia. Cet ensemble avait été réuni par les ducs de Bourgogne au XV° s. et transmis au siècle suivant aux rois d’Espagne ; Bruxelles en était la capitale. Au XIe siècle, le comte de Brabant y avait transféré sa capitale, abandonnant Louvain ; il y fit construire alors un premier château ; le Brabant était devenu bourguignon au XV° siècle.


En 1559, Philippe II, roi d’Espagne, nomme Marguerite de Parme (sa demi-sœur et fille naturelle reconnue par son père Charles Quint) gouvernante des Pays-Bas. Il la présente aux Etats généraux des Pays-Bas, à Gand ; une instance établie par l’empereur Charles Quint. Mais finalement, la Gouvernante se trouve flanquée d'un conseil occulte, la Consulte, qui court-circuite les grandes familles aristocratiques des Flandres présentes au Conseil d’Etat. Font partie de la Consulte, le chancelier Viglius, Charles de Berlaymont et surtout le cardinal Granvelle. Ce dernier exaspère à la fois ces nobles exclus et la gouvernante. En plus de ce mécontentement des nobles, l’opinion n’apprécie pas la répression féroce des protestants par la politique anti-calviniste que mène Philippe II. Les premiers protestants sont signalés à Bruxelles dès les années 1520 et, en 1523, les premiers martyrs sont exécutés sur la Grand-Place.
Vers 1560, l'intransigeance du cardinal Granvelle a poussé au paroxysme l'hostilité de la population envers la domination espagnole. Les prêtres s'opposent aux restrictions apportées à leurs prérogatives par l'Inquisition. Les nobles, sans cesse rabaissés, contestent, en 1561, la décision de Granvelle de porter secours aux catholiques français. Guillaume d'Orange et ses alliés du Conseil d'État exigent la convocation des Etats généraux. Granvelle s'y refuse en évoquant les passions que déchaînerait « ce méchant animal nommé le peuple ».


De fait, les soulèvements se multiplient. Peu après les émeutes de Bailleul et de Tournai, la foule délivre à Valenciennes deux tisserands calvinistes conduits au bûcher (1562). En 1564, le peuple force la porte des prisons à Bruges et à Bruxelles. Le 11 mars, Guillaume d'Orange et les comtes d'Egmont et de Hornes démissionnent de leurs fonctions au Conseil d'État. Catholiques et calvinistes s'unissent et 400 nobles signataires présentent à Marguerite de Parme un programme commun contre l'Inquisition et « les mauvais conseillers du roi ». Le texte, connu sous le nom de « compromis des Nobles », assortit au rejet de l'absolutisme la promesse de ramener l'ordre.
Sur ce, Henri de Brederode, un noble protestant, rapporte les propos qu’il aurait entendus en donnant à la gouvernante le texte. Marguerite de Parme impressionnée par la délégation est rassurée par l’un de ses conseillers, Charles de Berlaymont (membre de la Consulte), qui lui dit « N’ayez pas peur, ce ne sont que des Gueux ! ». Henri de Bréderode en fait alors le nom de ralliement des insurgés et ceux-ci organisent un grand banquet en l'hôtel de Culembourg, le 5 avril 1566, où les nobles signataires apparaissent habillés en loques, « pauvres jusqu’à la besace », et qui se termine aux cris de « vivent les Gueux ». Henri de Bréderode sera surnommé « le Grand gueux » !
 

L’hôtel sera détruit dès 1568 sur ordre du duc d’Albe. Il faut attendre 1884 pour que la plaque actuelle soit apposée (lien). On y retrouve symboles et devises propres aux Gueux. L’expression « plutôt turc que papiste » rappelle que gueux et Turcs avaient alors un ennemi commun, le roi d’Espagne. Le croissant est à associer à cette devise. La besace, l’écuelle et la poignée de mains sont les symboles les plus connus des Gueux. L’expression « Jusqu’à porter la besace » signifie que les insurgés sont prêts à rester fidèles à leurs idées jusqu’à tout perdre … ce qui finalement se réalisa ! Bon nombre des signataires furent soit exécutés, exilés ou dépossédés.

La guerre de Quatre-Vingts ans finit par éclater à l'été 1566 avec, à l’initiative de protestants insurgés, de violentes actions iconoclastes en Flandre et en Hollande. Tous les révoltés n'étaient pas protestants, cependant un très grand nombre d'églises furent dévastées lors de cette révolte également qualifiée de « crise iconoclaste », car les protestants révoltés s'en prenaient aux représentations, aux « images ». Le premier lieu de culte à être saccagé fut le couvent de Saint-Laurent à Steenvoorde dans le Westhoek. Puis la révolte se répandit, telle une traînée de poudre, à travers l'ensemble des Pays-Bas du Sud, puis à Anvers. Une partie des iconoclastes fut totalement décimée en 1566 après avoir été poursuivie dans les marais entre Seclin, Houplin et Gondecourt par les habitants de ces villages alors menés par Guislain de Haynin, seigneur du Breucq à Seclin.


Suivant les conseils des gouverneurs de provinces appartenant à la noblesse, comme le comte d'Egmont en Flandre, la gouvernante tente une politique de clémence que désapprouve le roi. Coincée entre l'intransigeance de son frère et la sympathie grandissante de l'opinion populaire et d'une partie de la noblesse pour les calvinistes, Marguerite finit par demander son congé. Le protestantisme est alors violemment réprimé, le culte catholique étant seul autorisé par le nouveau gouverneur, Ferdinand Alvare de Tolède duc d'Albe. La répression frappe également les comtes d'Egmont et de Hornes décapités sur la Grand-Place de Bruxelles le 5 juin 1568. Ils étaient tous deux catholiques.


Cette guerre des Gueux a commencé sous le commandement du prince Guillaume d'Orange, catholique bien que sensible aux revendications protestantes sous l'influence de son conseiller et ami, le calviniste Marnix de Sainte-Aldegonde né à Bruxelles d'une famille d'origine savoyarde. Guillaume d'Orange, lui, est un noble d'origine allemande ; son titre se réfère à la principauté d'Orange qui était souveraine et presque entièrement enclavée dans le Comtat Venaissin (lequel avait été vendu aux papes d’Avignon) et ayant sa capitale dans la ville d'Orange, dans l'actuel département de Vaucluse, en France. D’origine allemande et membre de l'entourage de Charles Quint, Guillaume d'Orange est au début fidèle partisan des Habsbourg et fait partie de la cour de Bruxelles.

 Les hostilités s'ouvrent entre des troupes regroupant aussi bien des catholiques que des protestants. En 1576 les Espagnols perdent le contrôle des Pays-Bas. En 1577 Guillaume d’Orange fait son entrée à Bruxelles à l’invitation de l’assemblée des États généraux et est proclamé ruwaert du Brabant c’est-à-dire protecteur. Par l’Union de Bruxelles, les Pays-Bas décident de se diriger eux–mêmes. En 1579 les églises sont visitées par les iconoclastes. Marguerite de Parme sera de retour à Bruxelles en 1579 pour reprendre sa charge de gouvernante, mais l'hostilité qu'elle continue à manifester à la politique de violence de Philippe II entraîne sa révocation définitive le 13 décembre 1581. Après son départ, le culte catholique est aboli et la cité gouvernée par les protestants jusqu’en 1585. Mais ce fanatisme religieux fini par séparer les catholiques et les protestants ; après les émeutes iconoclastes d'Armentières, les catholiques se séparent des nobles protestants. Finalement la république calviniste capitulera devant Farnèse le 10 mars 1585. Le général au service du roi d’Espagne fera toutefois preuve de clémence : les protestants peuvent quitter la ville ; les seules victimes seront les défunts calvinistes déterrés des cimetières …

Il reste que la guérilla se développera, plus au nord, en une guerre de libération qui aboutira à l'indépendance des Provinces-Unies, les actuels Pays-Bas, sous la houlette de Guillaume d’Orange ; indépendance reconnue par le traité de Westphalie en 1648.
Il faut attendre 1781 avec l’édit de Tolérance de l’empereur Joseph pour que, en Belgique, les protestants obtiennent la liberté de conscience et le droit à un culte privé.

La photo (Jean-Claude Barbier, juillet 2013) est la square du Petit Sablon où s’élève le mémorial aux comtes d'Egmont et de Hornes. Ce mémorial est entouré de statues chacune dans une niche individuelle, représentant des personnalités catholiques et protestantes de l’époque qui ont fait partie des Gueux, puis, sur le pourtour et sur des piliers, évoquant le peuple, la représentation des divers métiers de l’époque.


Ont été consultés : Wikipedia (lien), Encyclopaedia Universalis (lien) et l'article "Bruxelles la protestante" dans Itinéraires protestants (lien).

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Published by Jean-Claude Barbier - dans iconographie
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