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22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 13:13

Qaraqosh (ou Karakosh) est le nom en turc ottoman (Qara QoS = oiseau noir) d’une ville assyrienne du nord de l’Irak, dans le gouvernorat de Ninive, située à environ 32 km au sud-est de la ville de Mossoul (et 51 km par la route), établie au milieu de terres agricoles et à proximité des ruines des anciennes villes assyriennes Nimrud et Ninive. En syriaque son nom est Bakhdida ou encore Baghdeda (peut-être Beth – « terre » ou « ville » - Khdeda – « jeunes » en araméen ou « don de Dieu » en vieux perse). Cette ville fait partie de la municipalité de Al-Hamdaniya (du nom de la tribu arabe des "Banu Hamdan" qui a régné à Mossoul au Moyen-âge). En 2012, la population était de 50 000 habitants (dont, déjà 15 000 réfugiés assyriens d’autres villes irakiennes). Autres grandes villes assyriennes de la région : Alqosh et Tel Kepe. Les habitants y parlent le syriaque, et l’arabe en langue seconde ; les jeunes générations apprennent l’anglais.

bakhdidalbanner.jpgLe site de la ville (lien).

Source pour cette série d'articles : entre autres Wikipedia en anglais (lien).

bakhdida.JPG
En plus des activités agricoles, la ville a prospéré avec le tissage de la laine de mouton et la confection de manteaux de cuir (et depuis les années 1980, l’élevage industriel de poulets) ; elle est devenue un centre d’affaires et de commerce.


C’est une ville assyrienne dont la plupart des habitants fréquentent surtout l’Eglise catholique syriaque (à 96%) et le reste l’Eglise syriaque orthodoxe ; mais les troubles en Irak depuis le renversement du régime bassiste de Saddam Hussein par les Américains et les Anglais au début de 2003, ont provoqué une immigration de fidèles de l'Eglise catholique chaldéenne (présente surtout à Bagdad) et de l'Eglise assyrienne d'Orient (les deux étant dérivées de l’Eglise nestorienne,  lien et articles suivants).


bakhdida qatarta d'beth inaLa ville a connu les grands empires de l’Antiquité : non loin d’une bataille décisive entre les Assyriens et les Babyloniens en 610 avant JC, après la chute de Ninive ; elle connu ensuite les Perses. Nestorienne lors des conflits christologiques du IVème siècle, elle est passée à l’Eglise syriaque orthodoxe au VII° siècle (Eglise de théologie monophysite, dirigée par un patriarche jacobite). Ensuite elle a eu à souffrir de raids kurdes (déjà au nom de l’islam ! par exemple en 1171, puis en 1261 et en 1324).

"Qaṭartā d'Beth Ina" Un exemple de constructions en briques de type assyrien dans le vieux centre.

 
Suite à la chute du régime bassiste d’Hussein et à la présence des troupes américaines, on a assisté à une forte montée de l’intégrisme musulman : assassinat d’un leader politique assyrien à Bakhdida le 22 novembre 2006, harcèlement subi par les étudiants chrétiens à l’université de Mossoul, attaque le 2 mai 2010 d’un convoi de bus transportant des étudiants de Bakhdida à l’université de Mossoul faisant plus d’une centaine de blessés et de morts, etc.

En avril 2011, le ministère irakien de l'Education a commencé la construction d'une université à Bakhdida ; elle est prévue pour desservir l'ensemble de la région des plaines de Ninive.


La ville s’est dotée d’une milice locale de 1 200 gardes. Avec l’aide des Kurdes « peshmergas » (groupes armés locaux), elle a repoussé, au début de juillet 2014, les attaques du prétendu « Etat islamique en Irak et au Levant » (EIIL).

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Published by Jean-Claude Barbier - dans Eglises du Moyen-Orient
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22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 11:56

Bakhdida_eglises.JPGéglises syriaques orthodoxes (de haut en bas) :


1 - église de Sarkis et Bakos - Il s'agit de la plus ancienne église de la ville , peut-être construite au VI° ou VII° siècle. Elle fut brûlée par Nader Shah en 1743 et reconstruite en 1744.

 

2 - église de Mart Shmony - construite avant le VIII° siècle (on sait qu’elle fut restaurée en 791), nommée sur le nom d’une sainte martyre avec ses enfants qui font l’objet d’un pèlerinage annuel.

 

 

 

 

3 - église de Mar Gorgis – autre vieille églises de la ville

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22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 11:18

Afin d’être protégés, des Jacobites (chrétiens syriaques monophysites, dissidents par rapport à l'Eglise grecque orthodoxe héritère de Byzance) ont commencé à établir des relations avec Rome à partir de 1580. Dans le Nord de l'Irak, celles-ci se sont développées à partir des années 1760 avec l’arrivée de dominicains, ce qui a aboutit à une scission entre les ralliés à Rome (des uniates) et les autres ; en 1837, les biens ecclésiaux (églises et monastères, meubles, manuscrits, etc.) sont répartis entre les deux Eglises assyriennes sur arbitrage des autorités ottomanes. A Bakhdida / Qarakosh, les catholiques syriaques sont près de 96% des chrétiens syriaques de la ville.

A Bakhdida / Qaraqosh, les catholiques syriaques disposent de pas moins 7 églises : église de la Vierge Marie, église de l’Immaculée conception, église de Mar Jacob (ex église de Mar Andrawes), église de Jean-Baptiste, église des martyrs Mar Gewargis, église de Mar Zina, église de Mar Behnam et sa sœur Sarah Mart.

Bakhdida2.jpg
Fête de Noël à l’Eglise catholique syriaque de l’Immaculée conception à Bakhdida / Qaraqosh. Celle-ci est la plus grande église en Irak ; elle fut construite de 1932 à 1939, puis complétée en 1948.

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22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 10:51

Après la prise de Mossoul par les islamistes de l’Etat islamique d'Irak et du Levant (EIIL), ceux-ci ont commencé dès le 16 juillet à marquer les maisons des chrétiens avec une lettre "N" peinte en rouge pour « Nazarat », c’est-à-dire, chrétien ! Autrement dit, le pillage y est autorisé sans encourir les foudres de la charia. Ils ont investi l’évêché chaldéen sur lequel ils ont hissé leur étendard, puis, le 18 juillet, ont incendié le bâtiment. Les chrétiens avaient reçu l'ultimatum de se convertir à l'islam ou de payer l'impôt suplémentaire qui leur est réservé (la "djizya") ou bien de  déguerpir de la ville. Les barrages miliciens leur ont enlevé tout objet de valeur qu'ils avaient pu emporter ... Il y a 10 ans, la population chrétienne de Mossoul s'élevait à 100 000 habitants.

mossoul_eveche_chaldeen_incendie.jpg
Or, les chrétiens sont à Mossoul depuis 1089, date d’une immigration de chrétiens assyriens en provenance de Bakhdida à la suite de pressions fiscales qu’ils jugeaient excessives. Lors de l’expansion perse au début du XVIII° siècle sous la direction de Nader Shah, ils participent activement à la défense de Mossoul sous la direction du gouverneur ottoman de la ville (les Perses se retireront de la région en 1743 à la suite d’un accord de paix) – en récompense, ils auront l’autorisation d'y construire des églises !

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22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 09:18

Quaraqosh musiqueSelon la tradition chrétienne, les restes mêmes de cet apôtre reposent dans la crypte de la basilique Saint-Thomas à Chennai, en Inde, ... mais des reliques supposées de l’apôtre ont été trouvées en 1964 dans le mur d’une vieille église de la ville de Bakhida au nord de l’Irak et conservées à l’église syriaque catholique Saint-Thomas à Mossoul.

Sur cette pochette de disque, on voit (en petit) l'apôtre Thomas toucher le corps de Jésus à l'endroit où la lance a pénétré, afin de vérifier par lui-même la réalité de la résurrection (d'après l'Evangile de Jean 20, 24-29). Qaraqosh est le nom en turc ottoman de la ville de Bakhdida.

 

L’apôtre Thomas a-t-il évangélisé Edesse avant d’aller de rendre en Inde ? Ville, naguère capitale de l’Osroène, Edesse est aujourd’hui Şanlıurfa en Turquie, dans partie sud-est de ce pays ; elle est souvent appelée simplement Urfa. Des reliques de l'apôtre sont citées dans les poèmes de saint Ephrem, lequel vécut à Edesse vers 360. Une partie des restes de l’apôtre aurait même été transférée de l’Inde à Edesse, en l’an 392. Certains auteurs pensent que les apocryphes que sont l’ « Evangile selon Thomas » et les « Actes de Thomas » relèvent de la tradition syriaque.

Mais Edesse fut prise par les Byzantins et les Perses, puis par les Arabes, reconquise par les Croisés, etc. … toutefois, dans cette série de conflits, les reliques auraient échappées au pillage ! Elles auraient été déplacées dans l'île grecque de Chios, pour se retrouver, en 1258, à Ortona en Italie avec une pierre tombale de facture mésopotamienne. Quoiqu’il en soit de la vérité historique, saint Thomas est célébré non seulement en Inde, mais aussi en Italie et, maintenant, au Nord de l’Irak !

Bien entendu, Mossoul n’est pas tout près d’Edesse (430 km par la route plus à l’est), mais les chrétiens de Mossoul relèvent des Eglises de langue syriaque (orthodoxe et catholique) si bien que la présence éventuelle de l’apôtre Thomas s’est étendue jusqu’à eux !

 

mossoul_mar_mattai.jpg

 

Les reliques de saint Thomas à Mossoul ont été récemment transférées (début juillet 2014) au monastère syro-othodoxe de Saint-Mathieu (Mar Mattai) à quelques 20 km de la ville, suite à l’occupation de celle-ci par l'armée du prétendu Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL).

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