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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 17:29

Roger Parmentier ne fréquenta guère la communauté protestante de Rieubach pourtant toute proche de chez lui, ni celle du Mas-d'Azil. C'est plutôt avec celle des Bordes-sur-Arize qu'il trouva à partager entre autres son intérêt pour l'histoire cathare. C'est là que sa famille organisa une journée de souvenir, le dimanche 14 octobre 2012, après son décès.

Il y eut d'abord, le matin, un culte en son souvenir au temple protestant.


temple_les_bordes_sur_arize_P1012109.jpg

temple_protestant_les_bordes_sur_arize_P1012105_01.jpg

bordes_sur_arize_P1012106_01.JPGsur le parvis du temple, une croix huguenote

Ensuite la famille reçut les amis de Roger Parmentier sous les halles du village

bordes_sur_arize_place_du_marche_P1012110.JPG

 

photographies de Jean-Claude Barbier, 14 octobre 2012

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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 17:08

Le Mas d'Azil et sa région furent très tôt un fief huguenot. La communauté protestante de Rieubach existe dès 1579. Toutefois, elle n’est devenue une paroisse distincte qu’au milieu du XIXème siècle. Le temple fut construit en 1848 (lien).

rieubach_temple_protestant_P1012113.JPG

photo Jean-Claude Barbier, 14 novembre 2012

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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 16:03

Photographies de Jean-Claude Barbier, prises le dimanche 14 octobre 2012, jour où la paroisse protestante des Bordes-sur-Arize organisa un culte pour son souvenir réunissant nombre de ses amis.

Roger Parmentier a vécu sa retraite en Ariège à Raynaude, un petit village au sud du Mas-d'Azil. Une maison acquise par lui, dominant la plaine du haut d'une ligne de crête. On peut la voir de la route départementale allant du Mas d'Azil à Saint-Girons. Roger Parmentier était Ariégeois de par sa mère. 


raynaude_P1012115.JPGraynaude_P1012119.jpg

C'est la maison que l'on voit en haut de la photo, et plus précisément la partie la plus à gauche qui dispose d'une véranda à son arrière. C'est là que Roger Parmentier recevait et hébergeait ceux qui venaient aux stages annuels qu'il organisait chaque début du mois d'août. En contre-bas, une grosse ferme entre route départementale et hauteurs.

raynaude_P1012116.jpgraynaude_P1012117.jpg

On trouve aussi à Raynaude, dans cette partie de plaine, une église paroissiale catholique qui fut rénovée à partir des années 1860 à l’initiative de l’abbé Antoine Rousse. Elle fut accompagnée d'une école et d'un orphelinat ( lien). Derrière, étagé sur le rebord, un chemin de croix dont les stations sont autant de petites niches peintes en blanc et qui contiennent, reçu en don, les plaques en métal d'un autre chemin de croix, celui d'une abbaye fondée par Louis de Coma en Ariège ( lien).

raynaude_eglise_catholique_et_calvaire.jpg

raynaude_eglise_catholique_P1012114.jpgraynaude_chemin_de_croix_P1012118.jpg

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 11:21

Chaque année, la première semaine d'août, dans le cadre de son association "Actualisation de la Bible", Roger Parmentier organisait une session de formation. Sur ces photos nous le voyons avec quelques participants, lors des départs. On reconnaît la pasteur Yolande Lirus (d’origine martiniquaise), Christiane Jillman (grande et blonde ; et qui anime l'émission de radio La Prière pour le monde sur la radio Fréquence protestante, chaque lundi) et, en couple, Michel et Anne-Emmanuelle (laquelle est journaliste). Ensuite, Roger Parmentier s’est mis au piano et a accepté – chose rarissime et sur insistance de Yolande – d’être pris en photo. C’est une photo très réussie qui montre un Roger détendu, dans l’intimité de sa maison. Merci à Yolande Lirus de nous avoir envoyé ces photos restées jusqu'à présent inédites.


roger_parmentier_a_raynaude_session_2007_avec_anne-emmanuel.jpg

On voit, à droite, la twingo rouge de Roger (qu'il a pilotée jusqu'au dernier jour !) et, dans la partie gauche de la photo, les tables et bancs prêtés par la mairie de Mas-d'Azil et amenés sur place par les services municipaux à chaque session de formation organisée par Roger.

 

roger_parmentier_a_raynaude_les_departs_a_la_fin_de_la_sess.jpg

roger_parmentier_a_raynaude_2007_avec_-lui_meme_christiane_.jpg

roger_parmentier_a_raynaude_2007_avec_-yolande_-lui_meme_-c.jpg

roger_parmentier_au_piano_apres_les_departs_a_sa_session_20.jpgroger_parmentier_au_piano_apres_les_departs_a_sa_s-copie-1.jpg

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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 06:02

Les sites unitariens se sont fait largement l’écho des livres écrits par Roger Parmentier, de ses activités et ont publié, en inédit, plusieurs de ses textes. Cette notice bibliographique est parue dans le n° 121 de la Correspondance unitarienne, novembre 2012.

 

Amitiés islamo-unitariennes (site hébergé par les Etudes unitariennes)

le 07/04/2011 – « Roger Parmentier : respecter et aimer les musulmans » - annonce de son livre paru aux Editions L’Harmattan en mars 2011, "Musulmans nous vous respectons et nous vous aimons ». http://etudes.unitariennes.over-blog.com/article-roger-parmentier-respecter-et-aimer-les-musulmans-71182002.html

le 20/12/2011 - Les juifs sont nos « pères » et les musulmans « nos fils », (texte rédigé avant novembre 2010 et toujours d’actualité), article à la Une du bulletin n° 110 de la Correspondance unitarienne, décembre 2011, http://etudes.unitariennes.over-blog.com/article-roger-parmentier-les-juifs-sont-nos-peres-et-les-musulmans-nos-fils-93360717.html

traduit en italien sur le site des chrétiens unitariens d'Italie par Giacomo Tessaro et Filippo von Wittelsbach sous le titre " Padri e figli ", le 5 janvier 2012, http://cicu.altervista.org/joomla/index.php/scrmole/206-padri-e-figli.html

Ndlr – Roger Parmentier a été signataire du manifeste des amitiés islamo-unitariennes
http://etudes.unitariennes.over-blog.com/article-manifeste-du-groupe-amities-islamo-unitariennes--38732752.html

Eglise unitarienne francophone (EUfr)

le 31/07/2011 – prière de Roger Parmentier présentée par Sam lors de notre partage pour le culte du dimanche 7 août 2011 ;
http://eglise.unitarienne.francophone.over-blog.fr/article-notre-partage-pour-le-culte-du-dimanche-7-aout-2011-80555173.html
ensuite traduite en anglais. Le 06/10/11 « Prayer from pastor Roger Parmentier »
http://eglise.unitarienne.francophone.over-blog.fr/article-prayer-from-pastor-roger-parmentier-85991217.html


Unitariens français (le site du Conseil des unitariens et universalistes français)

le 06/07/2011 – « La question fondamentale aujourd’hui », texte inédit envoyé à la Correspondance unitarienne le 3 juillet 2011, et mis en discussion au sein de notre groupe Unitariens francophones sur Yahoo, en 3 pages
http://unitariens.francais.over-blog.fr/article-roger-parmentier-la-question-fondamentale-aujourd-hui-1-78696463.html
http://unitariens.francais.over-blog.fr/article-roger-parmentier-la-question-fondamentale-aujourd-hui-2-le-texte-mis-en-discussion-chez-les-un-78692989.html
http://unitariens.francais.over-blog.fr/article-roger-parmentier-la-question-fondamentale-aujourd-hui-3-le-texte-mis-en-discussion-chez-les-un-80088487.html

dans les bulletins de la Correspondance unitariennes, mis en ligne dans La Besace des unitariens, sauf indication contraire

23, septembre 2003 – « Chez Roger Parmentier », dans les Informations, mis en ligne dans Profils de Libertés
http://prolib.net/pierre_bailleux/unit/cu023.info.htm#parmentier

26, décembre 2003 – « A propos d’une épître qui, comme les autres, a été sacralisée », Libre propos, mis en ligne dans Profils de Libertés
http://prolib.net/pierre_bailleux/unit/cu026.info.htm

75, janvier 2008 – « à Jésus-le-Rebelle, temple rebelle » article à la Une, mis en ligne le 30 janvier 2008
http://labesacedesunitariens.over-blog.com/article-16135095.html

90, avril 2009 - libres propos : « la Trinité », mis en ligne le 03/04/2009
http://labesacedesunitariens.over-blog.com/article-29823704.html 

91, mai 2009 – « Lire la Bible d’une façon "non religieuse » avec le pasteur Roger Parmentier. Session d’étude en Ariège, voir l’annonce dans les Actualités unitariennes du mardi 21 avril 2009
http://actua.unitariennes.over-blog.com/article-30520494.html

98, décembre 2009 – « Jésus n’est pas Jésus-Christ, Dieu merci ! » article à la Une, mis en ligne le 11/12/2009
http://labesacedesunitariens.over-blog.com/article-jesus-n-est-pas-jesus-christ-dieu-merci--40986568.html

101, mars 2010 – « Roger Parmentier : écoute moi vieillir », compte-rendu par Roger Parmentier du livre de Bernard de Peufeilhoux, aux Editions Gabri Andre, rubrique « bibliographie » mis en ligne le 03/03/2010
http://labesacedesunitariens.over-blog.com/article-cu-101-mars-2010-roger-parmentier-ecoute-moi-vieillir-45951468.html

110, décembre 2011 « Les juifs sont nos « pères » et les musulmans « nos fils », mis en ligne dans les Amitiés islamo-chrétiennes le 20/12/2011 (voir ci-dessus)

171, juillet 2012 – « Roger Parmentier : un prophète qui comme Jésus reste bienveillant envers ses ennemis ; un témoignage d'Emile Mihière », article à la Une mis en ligne le 27/06/2012,
http://labesacedesunitariens.over-blog.com/article-roger-parmentier-un-prophete-qui-comme-jesus-reste-bienveillant-envers-ses-ennemis-un-temoignage-107490229.html
suivi d’une discussion sur l'anarchisme chrétien
http://labesacedesunitariens.over-blog.com/article-une-discussion-sur-l-anarchisme-chretien-107491395.html

119, septembre 2012 – « une semaine de stage chez Roger Parmentier », compte rendu par Emile Mihière, mis en ligne le 14/09/2012
http://labesacedesunitariens.over-blog.com/article-une-semaine-de-stage-chez-roger-parmentier-110084258.html

121, novembre 2012 – numéro spécial en hommage à Roger Parmentier, mis en ligne le 29/10/2012 http://labesacedesunitariens.over-blog.com/article-cu-121-novembre-2012-derniers-hommages-a-roger-parmentier-110668181.html

Actualités unitariennes

le 09/07/2007 – « Peut-on retrouver le christianisme originale authentique ? »
http://actua.unitariennes.over-blog.com/article-11257567.html

le 18/03/2008 – « La sympathie des protestants pour les cathares » (une série de conférences organisée par Roger Parmentier avec Michel Jas et Anne Brenon)
http://actua.unitariennes.over-blog.com/article-17829221.html

le 28/07/2008 – « Roger Parmentier : un pasteur protestant engagé »
http://actua.unitariennes.over-blog.com/article-21548069.html

le 28/07/2008 – « Actualisation de la Bible par Roger Parmentier »
http://actua.unitariennes.over-blog.com/article-21547940.html

le 31/10/2008 – « Rendez-vous avec le pasteur Roger Parmentier »
http://actua.unitariennes.over-blog.com/article-24281602.html

le 14/01/2009 – « La Bible à Paris avec le pasteur Roger Parmentier »
http://actua.unitariennes.over-blog.com/article-26770475.html

le 21/04/09 – « Roger Parmentier : lire la Bible d’une façon "non religieuse" ? »
http://actua.unitariennes.over-blog.com/article-30520494.html

le 28/05/2010 – « Roger Parmentier ou le renouveau du prophétisme » (lettre à Laurent Schlumberger, président du Conseil National de l’Eglise réformée de France le 24 mai 2010).
http://actua.unitariennes.over-blog.com/article-roger-parmentier-ou-le-renouveau-du-prophetisme-51242271.html

le 06/04/2011 – « Appel du pasteur Roger Parmentier aux musulmans et aux autres »
http://actua.unitariennes.over-blog.com/article-appel-du-pasteur-roger-parmentier-aux-musulmans-et-aux-autres-71151043.html

le 02/05/2011 – « Pour le pasteur Roger Parmentier, Jésus n'est pas ressuscité ! »
http://actua.unitariennes.over-blog.com/article-pour-le-pasteur-roger-parmentier-jesus-n-est-pas-ressuscite-72978286.html

le 18/08/2011 – « Roger Parmentier : est-ce la fin des Eglises en Occident ? »-
http://actua.unitariennes.over-blog.com/article-roger-parmentier-est-ce-la-fin-des-eglises-en-occident-81815870.html

le 04/03/2011 – « Le site du pasteur Roger Parmentier » (Guetteurs rebelles)
http://actua.unitariennes.over-blog.com/article-le-site-du-pasteur-roger-parmentier-68608569.html

le 08/03/2011 – « le vendredi saint : journée internationale contre la torture » (une proposition de Roger Parmentier)
http://actua.unitariennes.over-blog.com/article-le-vendredi-saint-journee-internationale-contre-la-torture-68891311.html

le 14/07/2011 – « Lorsque Benoît XVI accuse les unitariens » par Jean-Claude Barbier (le nom de Roger Parmentier y est cité). http://actua.unitariennes.over-blog.com/article-lorsque-benoit-xvi-accuse-les-unitariens-79411740.html

le  06/04/2012 – « Emile Mihière et les derniers anarchistes chrétiens » par Jean-Claude Barbier (le nom de Roger Parmentier y est cité). http://actua.unitariennes.over-blog.com/article-emile-mihiere-et-les-derniers-anarchistes-chretiens-102940333.html

le 22/10/2012 – « Une voix s’est éteinte, celle du pasteur Roger Parmentier », par Jean-Claude Barbier, dans la rubrique « A contre courant, la page des prophètes »
http://actua.unitariennes.over-blog.com/article-une-voix-s-est-eteinte-celle-du-pasteur-roger-parmentier-110435332.html

sur le site des chrétiens unitariens (Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens AFCU)

le 16/11/2010 - « La fédération des réseaux du parvis : chrétiens d'abord ! », le nom de Roger Parmentier y est cité
http://afcu.over-blog.org/article-la-federation-des-reseaux-du-parvis-chretiens-d-abord-61088216.html  

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24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 08:27

Yves Lecornec (protestant libéral et unitarien, Caen) prolonge sa réflexion à propos du texte de Roger Parmentier, par ce message adressé au forum des Unitariens francophones, ce dimanche 24 juillet 2011.


yves lecornec portraitJe me permets de revenir sur le débat ouvert par le discours du pasteur R. Parmentier et sur l’hétérogénéité supposée des positions de Paul et de Jésus.

On pourrait résumer ainsi la proposition de cet auteur : « abandonner la christologie qui fait de Jésus le fils de Dieu, doctrine qui n’est que pure invention et reconstruction a posteriori par les disciples, pour rester fidèle au Jésus historique et privilégier son enseignement et sa « praxis ».

Ce « gauchissement » de l’enseignement initial du Christ serait l’effet du désarroi des disciples après la mort de leur maître. Présent déjà dans les synoptiques sur la base de la légende du tombeau vide, il aurait ensuite été développé et systématisé par Jean et surtout Paul qui, du fait de son dynamisme missionnaire, aurait amené l’ensemble des communautés qui se réclamaient de Jésus à adopter la « nouvelle ligne ». L’histoire, on le sait étant écrite par les vainqueurs, les minorités, tels les judéo-chrétiens ou les unitariens, n’eurent que peu de moyens de faire face à l’hégémonie idéologique des grandes églises… Aussi le discours du pasteur Roger Parmentier serait, de la part d’un des clercs d’une de ces Eglises, une nouveauté forte, susceptible d’introduire un élément sainement perturbateur dans la vie spirituelle de cette communauté.

Cette présentation, que j’espère assez fidèle est sans doute séduisante mais je ne puis pour ma part y adhérer totalement. Ma fidélité à une théologie unitarienne de type adoptianiste me fait craindre que l’on ne réduise ainsi la signification de l’évènement « Jésus » à l’admiration que l’on peut éprouver pour un maître, un héros ou un saint tels que l’histoire des peuples et les différentes cultures peuvent en présenter.

En ce qui concerne la « nouveauté » de cette position, j’ai déjà dit dans un message précédent quel était mon sentiment. Il n’y a pas là pour moi de réelle nouveauté car l’histoire de la pensée Chrétienne fourmille de ces tentatives sans cesse renouvelées de « réduire » le Christ au seul homme Jésus. Inversement d’ailleurs, les grandes églises ont, depuis leur naissance, cédé de façon assez systématique à la tentation inverse (nier la pleine humanité du Christ) et développé des spéculations toujours plus complexes et éthérées sur une prétendue déité métaphysique de l’homme de Nazareth.

Pour illustrer mon propos d’une non-nouveauté du discours du pasteur Roger Parmentier, quelques rappels historiques puisant dans l’histoire relativement récente de la théologie : c’est tout d’abord le philosophe protestant Reimarus qui observait (au XVIIIème siècle !) que le Nouveau Testament développait deux visions du Christ : les synoptiques avec un Jésus prophète, et les textes de Paul et de Jean qui parlaient d’un Fils de Dieu descendu du ciel.

Le protestantisme libéral du XIXème siècle s’est largement engouffré dans cette brèche et présenté, parallèlement à Renan ou d’autres auteurs, un Jésus humain, maître de sagesse

Wrede, en 1904, publie pour sa part un « Paulus » qui eut un fort retentissement : il indique clairement le choix à faire entre la prédication de Jésus et la théologie de Paul. Le mot d’ordre « zurück von Paulus zu Jésus » qui retentit alors, nous dit Henri-Jérome Gagey, « appelait ainsi à restaurer loin de Paul et de toute sa dogmatique, le christianisme authentique, compris comme une expérience d’une relation à Jésus vraiment salutaire parce que ‘déchristologisée’ ». On voit là en toutes lettres le programme défendu par Roger Parmentier !

Rien de nouveau donc, sous le soleil de la théologie ...

Mais le fond du problème (la représentation que l’on se fait du Christ) est sans doute plus essentiel que la dispute sur l’originalité de telle ou telle position.

Or, je reste personnellement insatisfait de la présentation des choses que nous propose Roger Parmentier. Me réclamant de l’unitarisme, ce sentiment d’insatisfaction, voire de réticence avouée devant la déconstruction de l’orthodoxie doctrinale pourrait sembler à certains assez paradoxal. Mais il me semble que notre auteur (relayé en cela par la position moyenne de l’unitarisme Chrétien) ne fait pas justice de l’intention profonde de Jésus, et du caractère central de l’eschatologie dans sa prédication.

C’est la référence à l’eschatologie qui, me semble-t-il, fait le lien entre l’annonce de la proximité du Royaume par Jésus, et la prédication de Paul présentant le Christ comme l’accomplissement de ce que Jésus ne faisait qu’annoncer.

Je ne crois pas, contrairement au libéralisme « classique », qu’il nous faille ranger l’eschatologie au rayon des accessoires. Certes comme ses contemporains, Jésus a attendu un grand drame cosmique marquant la fin des temps, et cet évènement mythique n’est pas survenu. Mais, fondamentalement, ce qui importe n’est pas son caractère mythologique et apocalyptique, c’est le sens que lui donne Jésus. L’irruption du Royaume ne l’intéresse pas comme évènement de l’histoire. C’est par contre l’évènement mystérieux qui place l’homme dans la décision devant Dieu. Bultmann sur ce point m’a été un guide précieux pour en saisir le sens. Jésus ne prêche pas un idéal, il n’enseigne pas une éthique, il ne prescrit pas l’ascèse, il appelle à l’obéissance. Le sens de l’existence humaine écrit Bultmann est « de se tenir devant Dieu dans la décision, d’être placé devant l’exigence de la volonté divine, qu’il s’agit de saisir dans le moment concret, et à laquelle il faut obéir. » Le Royaume est le tout Autre et Jésus est le porteur de la Parole divine, il est l’Envoyé. La communauté primitive, en le confessant comme le Christ, le reconnaissait donc pour ce qu’il avait prétendu être : le messager de la dernière heure, celui qui introduisait le tournant des temps.

Pour autant Jésus ne s’est jamais désigné comme un être céleste descendu sur terre, un être humano-divin doté d’un statut métaphysique particulier même s’il avait conscience de son rôle particulier dans l’économie du Salut ! Il fut un homme, pleinement homme, soumis à la volonté de son Père, remplissant sa mission parmi les hommes, ses frères.

Dans la mesure ou Paul confesse comme advenu en Jésus (la présence du Royaume) ce que Jésus annonçait comme devant advenir, la prédication de Jésus et la théologie de Paul se répondent l’une l’autre en raison de la symétrie de leur position par rapport au « tournant des temps » que représente la Croix, et la confirmation par Dieu de la victoire sur la mort.

Car le jugement de Dieu devant lequel Jésus place l’homme est aussi message de grâce gratuite et de pardon. Le jugement de Dieu nous condamne mais nous pardonne. Cette tension répond à la tension chez l’homme entre l’Altérité et la Présence. Dieu est le Tout Autre. Il est aussi le tout proche. En Jésus, Dieu affirme sa transcendance (c’est l’annonce du Jugement) et sa présence (c’est la grâce – le Royaume est déjà parmi nous).

La foi (la confiance en la Réalité Ultime) permet d’aller au-delà de ce paradoxe et de goûter dès ici-bas la réconciliation. Jésus pour moi n’est pas l’être céleste, deuxième personne d’une impensable trinité), il est l’Homme réconcilié avec le Divin, le nouvel Adam.

C’est le sens de cette christologie adoptianiste que je défends, et qui, respectant l’unité du Nouveau testament, me semble n’être pas contraire à l”image Biblique du Christ.

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 04:00

"La question fondamentale aujourd’hui", par Roger Parmentier *, texte inédit envoyé à la Correspondance unitarienne le 3 juillet 2011


roger_parmentier_portrait.jpg

Roger Parmentier, pasteur de l'Eglise réformée de France (ERF) à la retraite, à 92 ans,

dans les rues de Foix lors de la manifestation du 23 septembre 2010 pour "la défense des retraites"

 

Est-il exact ou non qu’un tout autre message que celui de Jésus a été élaboré dès sa mort et la croyance en sa « résurrection », un tout autre message ayant pour conséquence l’abandon de celui de Jésus, projet global de sauvetage, non de salut (résumé dans les Béatitudes) ?


Si ces deux points sont exacts :
- l’invention d’un nouveau message (sur la « base » du   tombeau vide et de la déclaration d’anges)
- l’abandon de celui de Jésus
nous sommes victimes depuis 2000 ans (presque) d’un effroyable échange, d’autant plus grave que les inventeurs du nouveau message ont affirmé qu’il s’agissait du même Jésus devenu « Christ » (Super-Messie) « par sa résurrection d’entre les morts » « selon des Ecritures » : « Jésus-Messie », « Jésus-Christ ».


Si c’est exact il est évidemment indispensable et urgent de reconstruire nos communautés de foi sur l’authentique évangile de Jésus. En sachant que ce sera bien difficile car le message surgi après la mort de Jésus nous a été proposé ( = imposé), martelé jusqu’à l’obsession
- par les croix, les crucifix, l’eucharistie, etc…le Vendredi saint, l’Agneau sacrifié, non pour évoquer les souffrances du prophète   mais sa mort sacrificielle (« Dieu a livré son fils »)
- par la fête de « Pâques » (à la place de la Pâque), par le dimanche, jour de résurrection (à la place du sabbat), les confessions de foi, les cantiques, etc…
- par le « salut » (de la condamnation, salut éternel) à la place de l’entreprise de sauvetage immédiat des humains, réalisée et symbolisée par les guérisons, les délivrances (de « possessions », d’obsessions, de superstitions, d’addictions religieuses,…)


Oui, ce sera bien difficile, car on rencontrer tant d’oppositions, d’incrédulités, d’inerties, mais de même que la redécouverte par Luther de la « justification par la foi » et non par les mérites a provoqué la Réforme du 16e siècle, la redécouverte aujourd’hui de l’évangile originel et authentique de Jésus et la dénonciation des faux-évangiles va provoquer, je le crois, un élan spirituel encore plus radical et de plus grande ampleur… Que l’esprit qui a inspiré Jésus Nous soit en aide !


Ce sera d’autant plus difficile que le message formulé après la mort de Jésus figure en toutes lettres dans nos « Nouveau Testament » (Epîtres, évangiles et Actes) : « J’ai décidé (dit Paul) de ne rien savoir parmi vous, sinon Jésus-Christ et Jésus Christ crucifié » ; « Il est ressuscité le troisième jour, selon les Ecritures».


D’autre part la quasi-totalité d’entre nous avons construit (ou avons été construits) notre conviction chrétienne sur le nouveau message et donc toutes nos raisons de vivre et d’espérer une vie après la mort, peut-être même notre vie professionnelle, nos engagements, nos ministères, nos identités personnelles et collectives… comment oser remettre tout cela en question ? D’autant que nos institutions (Eglises, facultés…) sont verrouillées pour se mettre à l’abri de pareille réforme…


Et qui pense à se dire « disciple de Jésus » et non pas « chrétien » ? On va se heurter à une incompréhension générale ?


Mais puisque Jésus a eu l’immense foi dans son entreprise de sauvetage, pourquoi pas nous, à sa suite ? C’est cela être disciple. " Mais quand le fils de l‘homme « viendra », trouvera-t-il la foi sur la terre ? "  (Luc 18.8)

 

Ajout le 12 juillet 2011 - Sur le même thème, Roger Parmentier a écrit un second texte à la suite du premier, intitulé « Ces étranges ‘chrétiens ‘ qui mésestiment Jésus … » ; il a été publié par Gilles Castelnau sur son site « Protestants dans la ville » (lien) ce 12 juillet 2011.

à suivre ...

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 02:36

Au sein du groupe Yahoo « Unitariens francophones » ( lien), les 3 et 4 juillet 2011

 

Jean-Claude Barbier, vignette, mai 2008Jean-Claude Barbier, chrétien unitarien, Bordeaux - Je vous fais part du dernier texte du pasteur Roger Parmentier, pour l'instant inédit et quelque peu explosif ! Qu'en pensez-vous ?


yves_lecornec_portrait.jpgYves Lecornec, protestant libéral de sensibilité unitarienne, Caen - Question fondamentale il est vrai ! Nous pourrions d’ailleurs la reformuler tout simplement ainsi : Jésus est-il le Christ, l’Oint de Dieu, dont l’existence même et la mort revêtent une signification particulière au regard des relations divino-humaines, ou est-il (n’est-il qu’ ?) un maître de sagesse, comme l’Humanité en a produit en tout peuple et tout au long de son histoire ?


A la question de Jésus à Césarée de Philippe, “et vous qui dites-vous que je suis ? ” chacun bien entendu est libre de sa réponse. Mais la réponse biblique “Tu es le Christ, le fils du Dieu vivant”, est la pierre de touche qui permet de différencier qui est chrétien (au sens propre du terme), de qui ne l’est pas.


Je ne peux m’empêcher, une fois encore, d’être très réservé sur la position de l’unitarisme français qui a trop tendance à jeter le bébé avec l’eau du bain ! La révélation chrétienne pour moi est arcboutée sur deux piliers : la vie et l’enseignement de Jésus d’une part (donnée objective), la réception et la compréhension de son sens profond par les disciples d’autre part. Que cette compréhension ait été formulée en termes mythiques et légendaires, bien entendu et notre époque demande d’effectuer le tri indispensable entre substance et forme du message. Faut-il pour autant n’en garder que l’aspect très “exotérique”et s’interdire d’y déceler une Présence mystérieuse ?


La vision que propose Parmentier n’est pas neuve, elle est même vieille comme le monde (chrétien, etc.). Plus près de nous, Renan ou le vieux libéralisme du XIXème siècle, puis la sécularisation du monde moderne et du message évangélique. Rien de neuf sous le soleil... Je ne pense pas que le texte ci-dessous soit de la poudre comme tu le dis...


Non, le problème de la redécouverte de l’Evangile du Christ ne peut être lié à une vision purement “horizontale”. Reste par contre à trouver le langage qui portera cette renaissance, mais il ne pourra à mon sens faire l’impasse sur ce qui fait le cœur même du christianisme. Fraternellement


michel_theron_portrait.jpgMichel Théron, agnostique de culture chrétienne, Lunel près de Montpellier - Pour ma part, je pense que le texte de Roger Parmentier (que je connais pour l'avoir rencontré plusieurs fois aux journées annuelles des protestants libéraux français à La Grande Motte), est tout à fait pertinent, et que le message de Jésus a été recouvert par une construction sotériologique instrumentalisante que nous devons à Paul, qui lui-même n'a pas connu Jésus, et qui pourtant s'est fait appeler "Apôtre" ! Mais évidemment là-dessus je n'engage que moi...
 
  Jean-Claude-Barbier--vignette--mai-2008.JPGJean-Claude Barbier, chrétien unitarien, Bordeaux - Cher Yves. Lorsque tu dis que l'unitarisme français jette le bébé avec l'eau du bain, je ne vois pas à quel texte tu fais allusion. Jusqu'à présent, il n'y a pas de texte "officiel" sur ces questions d'exégèse et je crois pouvoir dire qu'il n'y en aura pas. Il n'y a que des textes d'auteurs, lesquels n'engagent qu'eux mêmes. Ceci vaut bien entendu pour les Etudes unitariennes ( lien)


 L'alternative que tu poses ne me satisfait pas personnellement : Jésus maître de sagesse (on dirait aujourd'hui "philosophe" selon Frédéric Lenoir) ou bien le "Christ" qui était attendu pour régulariser nos rapports avec Dieu. Et si Jésus avait été un militant de son temps ? Empruntant une action religieuse et mystique pour la délivrance de son peuple car les Temps étaient arrivés selon les prophéties existantes de Daniel et du Livre d'Hénoch. C'est la thèse de Louis Cornu dans notre rubrique consacrée au "Fils de l'Homme" ( lien).


 Dans la tradition unitarienne - et pas seulement "française" - il y a bien entendu le refus de "croire" aux miracles qui vont à l'encontre des lois naturelles : transformer l'eau en vin, marcher sur les eaux,  ressusciter les morts, ressusciter soi-même, etc.  Pour les guérisons miraculeuses, voir le dernier article de Michel Benoît : " JÉSUS A-T-IL FAIT DES MIRACLES ? La maladie, la mort et nous. (Dans le silence des oliviers V) ( lien)

A Michel : entre espérance messianique et sotériologie, il n'y a qu'un pas pour ces disciples de Jésus qui furent appelés les "nazoréens" - c'est à dire les sauvés - et qui étaient de la mouvance essénienne de conviction eschatologique et baptiste. Voir notre dossier sur les sectes juives ( lien).

Encore à Michel : Paul n'était pas présent lors du premier kérygme, celui de la Pentecôte ; c'étaient alors les apôtres Pierre et Jean qui apparaissaient au premier plan. Il a pris comme on dit le train en marche. Son "Notre seigneur Jésus, oint de Dieu" correspond tout à fait au culte à Jésus qui s'est rapidement mis en place le dimanche en prolongation du sabbath et où les nazôréens attendaient le retour du Christ.


Ceci dit, on peut être chrétien (attaché à la personne de Jésus et à son enseignement - ce qui correspond à la définition donnée par les statuts de l'AFCU - texte officiel dans ce cas, lien) sans être pour autant nazôréen.


A Yves : dire que Jésus n'a pas ressuscité n'est pas du recuit ! En plus, qu'un pasteur protestant le dise et le proclame, c'est quand même un évènement ! Nous ne sommes pas nombreux à le dire. Pour l'instant, et à mon humble connaissance, il y a Michel Benoît (le corps fut enlevé par les ésséniens) et par moi-même (c'est la famille de Jésus qui serait venu récupérer "son bien"). Voir notre dossier sur "le tombeau vide" (lien).

Nombre de chrétiens se contentent de parler d'une résurrection au sens spirituel du terme, ce qui est une tartufferie de première classe car tout le monde sait bien que la résurrection concerne le corps (et son souffle) selon la conception juive de l'époque (le concept d'une âme séparée du corps selon la conception gréco-romain n'était pas encore "arrivée").

 

Bonne continuation de notre discussion sur ce texte de Roger Parmentier.
 

yves lecornec portraitYves Lecornec - Cher Jean-Claude, Quelques éléments de réponse à ton message, et ce, pour alimenter la discussion :


Tu écris : « Lorsque tu dis que l'unitarisme français jette le bébé avec l'eau du bain, je ne vois pas à quel texte tu fais allusion. Jusqu'à présent, il n'y a pas de texte "officiel" sur ces questions d'exégèse et je crois pouvoir dire qu'il n'y en aura pas ». Certes il n’y a pas de doctrine officielle de l’unitarisme, mais – disons – une position « moyenne », majoritairement partagée au sein de la mouvance, véhiculée aussi par ses animateurs.  C’est à elle que je faisais allusion. Mais j’ai bien conscience que ma généralisation était abusive, puisque cette divergence ne m’empêche pas de me considérer moi-même comme protestant libéral de sensibilité unitarienne.


 « Et si Jésus avait été un militant de son temps ? Empruntant une action religieuse et mystique pour la délivrance de son peuple car les Temps étaient arrivés selon les prophéties existantes de Daniel et du Livre d'Hénoch. C'est la thèse de Louis Cornu dans notre rubrique consacrée au "Fils de l'Homme" » J’ai lu attentivement le texte de Louis Cornu, qui ne me semble nullement en contradiction avec l’alternative que je décrivais. La conscience existentielle et la prédication du Christ étaient de nature essentiellement eschatologique, annonçant le Royaume et préfigurant la fin des Temps. Il avait une claire perception du rôle éminent de sa personne dans ce drame et s’identifiait au « Fils de l’Homme ». C’est bien là l’image biblique du Christ, étrange et dérangeante, redécouverte notamment par Schweitzer et d’autres. J’adhère tout à fait à la conclusion de son étude :  « Le "Fils de l'homme" de Daniel, figure allégorique du "Peuple de Dieu", amplifiée en personnage céleste réel, d'origine divine, par les Paraboles d'Hénoch, est assumé par Jésus, Fils de l'homme du Nouveau Testament, avec une particularité tragique supplémentaire de souffrances et de mort ... que n'avaient prévue ni Daniel, ni l'auteur de ces Paraboles."

 

C'est cette origine divine, affirmée par les Paraboles d'Hénoch qui, pour tout homme qui se prévaudrait de cette identité, équivalait à la prétention blasphématoire de se faire "l'égal de Dieu". C'est exactement ce que fit Jésus, mystiquement convaincu de son origine divine singulière ... assumant avec réalisme les contingences de son présent, soutenu, jusqu'à sa crucifixion, par une foi inébranlable dans son imminent destin personnel eschatologique radieux.


C'est la relation étroite de ces trois situations - origine divine, présent difficile, destin glorieux - assumés en bloc par Jésus le Nazôréen, qui constitue l'unité profonde du "Fils de l'homme" des quatre évangiles, en "Fils de Dieu", de façon singulière certes ..., mais sans toutefois l'égalité trinitaire du dogme chrétien.

Contrairement aux affirmations du pasteur Parmentier, Il n’y a donc pas hiatus entre cette vision du Christ-Fils de l’Homme (assumée par Jésus lui-même) et l’image biblique de Jésus. Elle a été à la base de ce que Hans KUNG appelle dans son ouvrage « le Christianisme – ce qu’il est, ce qu’il est devenu dans l’histoire » le paradigme judéo-apocalyptique des premiers temps. C’est dans ce contexte, et en totale continuité avec lui, qu’a été interprétée la mort de Jésus, comme sa résurrection.

Sur ce dernier point, tu évoques les hypothèses que Michel Benoît et toi avez formulées pour interpréter le « tombeau vide ».  Ce sont semble-t-il des spéculations qui ne reposent sur rien de tangible, pas plus par exemple que cette légende qui veut que Jésus, laissé pour mort, ait été soigné par ses proches dans le secret, et se soit fait reconnaître par ses disciples avant de s’en aller finir sa vie au Cachemire, où l’on célèbre encore sa mémoire ! [ndlr : version diffusée par les musulmans de la Ahmadyyia].

 
Je suis bien d’accord sur le fait que la pensée Juive ne connaissait pas le concept de la séparation de l’âme et du corps, c’est bien pour cela que voulant traduire l’expérience extatique qu’ils avaient vécue, et le sentiment prégnant de la présence réelle du Christ après sa mort, les disciples ne purent le faire qu’en utilisant le matériel conceptuel dont ils disposaient.  Ce n’est pas une « supercherie », pas plus que l’image de l’Ascension, il faut remettre cela dans le contexte de l’imagerie orientale de l’époque. C’est au contraire, me semble-t-il, une traduction forte d’une réalité spirituelle qui nous interpelle, qu’il nous faut bien entendu retraduire pour la mentalité des hommes de ce temps. Bultmann nous est d’un grand secours sur ce point.
Bien fraternellement


mons_blason.pngNicolas Semaille, universaliste de culture chrétienne, Mons - C'est très intéressant. Je suis d'accord avec plusieurs aspects de ce texte du pasteur Roger Parmentier.


La majorité des Eglises ont déformé complètement le message de Jésus. Heureusement, il y a toujours eu des communautés et groupes authentiques pour dénoncer cette situation. Les institutions ecclésiastiques ont transformé le message de Jésus comme Staline l'a fait avec les "prédécesseurs" dont ce dernier prétendait être le représentant fidèle (sic). Les cléricatures sont devenues au fil des siècles de véritables nomenklaturas reproduisant injustices et idolâtries du passé (dont celle de l'argent, la pré-bureaucratie, etc.).


Cependant, c'est symboliquement que le message de Jésus est en rupture complète avec l'Ancien Testament et les expressions comme "résurrection", "Salut" etc ne sont pas à prendre de manière littérale mais allégorique. De même que la Bible dans son ensemble n'est pas un livre historique même si certains de ses passages et/ou leurs sources le sont.


En tout cas, en ce qui me concerne, l'enseignement du Jésus de l'Evangile constitue ma source d'inspiration (spirituelle) principale même si j'y trouve des échos dans d'autres livres sacrés.

Alfarange.jpgAlfarange, chrétien unitarien de sensibilité universaliste et gnostique, département des Yvelines - Chers amis, voilà mon sentiment. Je suis assez proche des idées du pasteur Parmentier, à quelques nuances près.


D'abord, revoir notre conception du message évangélique ne veut pas dire abandonner les termes "chrétien" et "christ", ni "messie". De toute évidence, les évangiles manifestent la conviction d'un Jésus messie, ce qui est avec une quasi-certitude la conviction finalement acquise des "disciples de la voie". Mais je crois plutôt que nous avons un sérieux problème de définition.
Dans l'immense majorité des cas, si vous demandez à un chrétien ce que veut dire christ, il dira que c'est le fils unique de Dieu qui racheté nos péchés sur la croix. Mais christ veut seulement dire messie, oint de Dieu, son élu choisi.


Sa vie nous montre celle d'un guide spirituel, d'un herméneute de la Torah, à laquelle il ajoute une dimension nouvelle : celle d'un royaume vraiment plus céleste que terrestre (conséquence sans doute de son analyse de la situation du temple à Jérusalem) et celle d'un rapport direct à Yahvé comme "Père", chose totalement nouvelle, qui sans doute est inspirée par l'amitié de Dieu pour Abraham, le pardon accordé régulièrement à David, ce genre de perception d'une profonde humanité de Dieu, ou du moins la nécessité d'en passer par cette perception pour vivre dans l'amour et le respect de son autorité sans plus avoir à en passer par la crainte.


Une chose me paraît claire : fils unique ? Vu le "notre Père", qu'il enseigna, il est permis d'en douter. Fils choisi ? Plus probablement : il se manifeste comme le "Chemin", il est le bon berger, etc... Messie au sens judaïque, certainement. Christ au sens dogmatique, j'en doute.


S'il est rédempteur, c'est plus en apportant son enseignement radical de transformation de soi, notamment par le baptême qui fut instauré, peut-on penser, pour remplacer les rites d'expiation du temple, que par un sacrifice expiatoire sur la croix. Ce sacrifice de soi - au sens où Jésus n'aurai pas résisté, voir provoqué sa condamnation par le Sanhédrin ou par les romains - n'a pour moi de perspective de sauvetage que dans la mesure où il est le comble du renoncement et représente un engagement "jusqu'au-boutiste", peut-être pour s'assurer que le message resterait gravé dans ses disciples bien après sa mort (une sorte de choc psychologique). Peut-être aussi pour mettre fin aux propositions que devaient lui faire les zélotes de monter une action plus politique et plus militaire pour restaurer Israël.


C'est là mon opinion, et c'est d'ailleurs pour cette raison que tout en me considérant chrétien, unitarien et universaliste, je me considère aussi gnostique (ce qui fut à l'origine de mon intérêt pour le soufisme, et donc pour l'islam mystique). Pour moi Jésus est messie au sens d'élu désigné parmi ses fils pour enseigner la voie, éclairer le judaïsme, sans doute ouvrir sa portée aux autres peuples (quoique je ne puisse être totalement formel), et instruire de la sagesse plus que de la loi.

Voilà, ce n'est qu'un partage d'opinion. Fraternellement,


   yann_philemon.GIFYann Elvin, symphatisant unitarien-universaliste, Paris - J'estime que la thèse de Roger Parmentier est intéressante. Je pense également que, quelque soit l'opinion qu'un chrétien puisse avoir au sujet de la mort, de la crucifixion du Christ, en tant que mythe ou en tant que réalité de la foi, l'essentiel est de mettre en application les enseignements qu'il apporte dans l'Evangile. Notamment la "charité fraternelle", et donc le respect de son "frère", même s'il ne pense pas comme lui...qu'il croie ou non en la réalité de cette résurrection corporelle. Pour moi, l'essentiel est la "révolution" que Jésus a voulu apporter dans les  relations humaines et dans les rapports que les hommes pouvaient entretenir avec leur Dieu : des rapports basés sur l'amour, la confiance et la gratitude.

mons blason
Nicolas Semaille - Bonjour Michel, Je pense aussi comme toi que le discours paulinien ne s'accorde pas avec celui de Jésus. Cordialement.

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