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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 11:24

foucault_soldat.gifLettre du Père Charles de Foucauld adressée à René Bazin, de l'Académie française, président de la Corporation des publicistes chrétiens, écrite en 1905 et parue dans le Bulletin du Bureau catholique de presse, n° 5, octobre 1917

Ndlr - cette lettre est bien entendu à resituer dans son contexte historique. Saluons d'abord l'analyse particulièrement lucide de son auteur qui fut amplement confirmée par les guerres d'indépendance dans les pays musulmans, que ce soit au Maghreb ou dans les pays de l'ex empire ottoman ; également par les actuels mouvements islamistes et les difficultés d'intégration des musulmans en Occident. Il admet aussi l'existence ("exceptionnelle" dit-il seulement, mais qui est annonciatrice d'un futur) d'une élite musulmane capable de vivre sa religion d'une façon moderne - et, finalement, c'est cela qui compte, même si celle-ci reste, encore de nos jours, idéologiquement minoritaire parmi les fidèles de cette religion. Rappelons que, par son témoignage, le missionnaire individuel Charles de Foucauld désirait convertir des musulmans au christianisme, ce qui n'est plus une problématique actuelle.  Et puis, au-delà du cas de l'islam en Algérie, c'est aussi la dynamique de résistance qu'il y a au sein de toute société dominée, colonisée, humiliée, militairement occupée ... ce que ne voyaient pas la plupart des Français d'alors qui croyaient aux vertues du seul progrès administratif, technique et économique, alors que les gens pensaient d'abord à leur libération politique !


 "Ma pensée est que si, petit à petit, doucement, les musulmans de notre empire colonial du nord de l'Afrique ne se convertissent pas, il se produira un mouvement nationaliste analogue à celui de la Turquie : une élite intellectuelle se formera dans les grandes villes, instruite à la française, sans avoir l'esprit ni le cœur français, élite qui aura perdu toute foi islamique, mais qui en gardera l'étiquette pour pouvoir par elle influencer les masses ; d'autre part, la masse des nomades et des campagnards restera ignorante, éloignée de nous, fermement mahométane, portée à la haine et au mépris des Français par sa religion, par ses marabouts, par les contacts qu'elle a avec les Français (représentants de l'autorité, colons, commerçants), contacts qui trop souvent ne sont pas propres à nous faire aimer d'elle.  
 
Le sentiment national ou barbaresque s'exaltera dans l'élite instruite : quand elle en trouvera l'occasion, par exemple lors de difficultés de la France au dedans ou au dehors, elle se servira de l'islam comme d'un levier pour soulever la masse ignorante, et cherchera à créer un empire africain musulman indépendant.
L'empire Nord-Ouest-Africain de la France, Algérie, Maroc, Tunisie, Afrique occidentale française, etc., a 30 millions d'habitants ; il en aura, grâce à la paix, le double dans cinquante ans. Il sera alors en plein progrès matériel, riche, sillonné de chemins de fer, peuplé d'habitants rompus au maniement de nos armes, dont l'élite aura reçu l'instruction dans nos écoles. Si nous n'avons pas su faire des Français de ces peuples, ils nous chasseront. Le seul moyen qu'ils deviennent Français est qu'ils deviennent chrétiens.
Il ne s'agit pas de les convertir en un jour ni par force mais tendrement, discrètement, par persuasion, bon exemple, bonne éducation, instruction, grâce à une prise de contact étroite et affectueuse, oeuvre surtout de laïcs français qui peuvent être bien plus nombreux que les prêtres et prendre un contact plus intime.
Des musulmans peuvent-ils être vraiment français ? Exceptionnellement, oui. D'une manière générale, non. 


Plusieurs dogmes fondamentaux musulmans s'y opposent ; avec certains il y a des accommodements ; avec l'un, celui du « Medhi » *, il n'y en a pas : tout musulman, (je ne parle pas des libre-penseurs qui ont perdu la foi), croit qu'à l'approche du jugement dernier le Medhi surviendra, déclarera la guerre sainte, et établira l'islam par toute la terre, après avoir exterminé ou subjugué tous les non musulmans. Dans cette foi, le musulman regarde l'islam comme sa vraie patrie et les peuples non musulmans comme destinés à être tôt ou tard subjugués par lui musulman ou ses descendants ; s'il est soumis à une nation non musulmane, c'est une épreuve passagère ; sa foi l'assure qu'il en sortira et triomphera à son tour de ceux auxquels il est maintenant assujetti ; la sagesse l' engage à subir avec calme son épreuve; " l'oiseau pris au piège qui se débat perd ses plumes et se casse les ailes ; s'il se tient tranquille, il se trouve intact le jour de la libération ", disent-ils.

* Medhi = Le Bien-aimé = le Sauveur de l’islam


Ils peuvent préférer telle nation à une autre, aimer mieux être soumis aux Français qu'aux Allemands, parce qu'ils savent les premiers plus doux ; ils peuvent être attachés à tel ou tel Français, comme on est attaché à un ami étranger; ils peuvent se battre avec un grand courage pour la France, par sentiment d'honneur, caractère guerrier, esprit de corps, fidélité à la parole, comme les militaires de fortune des XVIe et XVIIe siècles ; mais, d'une façon générale, sauf exception, tant qu'ils seront musulmans, ils ne seront pas Français, ils attendront plus ou moins patiemment le jour du Medhi, en lequel ils soumettront la France.

 

De là vient que nos Algériens musulmans sont si peu empressés à demander la nationalité française : comment demander à faire partie d'un peuple étranger qu'on sait devoir être infailliblement vaincu et subjugué par le peuple auquel on appartient soi-même ? Ce changement de nationalité implique vraiment une sorte d'apostasie, un renoncement à la foi du Medhi ..."

 

Pour une biographie de Charles de Foucauld ( lien).

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Published by Charles de Foucauld - dans AIU - Amitiés islamo-unitariennes
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9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 18:49

ali_merad_l_exegese_coranique.jpgLe socle canonique est un carré : Coran / Sunna / Ijmâ' / Ijtihâd, aux débuts de l'islam. Ijmâ' est le CONSENSUS, de nature communautaire. Ijtihâd est l'EFFORT, littéralement, à l'échelle de l'individu. J'appelle CARRE, une structure présente dans la pensée ancienne et archaïque. Ali Mérad * dans L'exégèse coranique appelle ça : les 4 sources, terme officiel à utiliser...

ndlr - on trouvera sur le site Oumma.com (lien) des extraits de La tradition musulmane où Ali Mérad reprend cet exposé

 

Une érosion se produit avec le temps ; le fondamentalisme (d'essence autoritaire monarchique) réduit aux deux premiers, s'opposant aux tenants du carré mais aussi à ceux qui veulent retenir le seul Coran : Quran only, bref "sola scriptura" ...   Dans un contexte anti-démocratique, on élague bien sûr les 2 côtés (du carré) faisant appel au peuple.

 

Message d'Eric Bassoul / Spirit Minister sur Facebook le 9 septembre 2013 au sein du groupe "Unitariens francophones"


* Ali Mérad est Algérien, musulman, spécialiste de la pensée islamique moderne. Il a été professeur à l'Université de Lyon III (en 1982) et professeur émérite à l’Université de Paris III Sorbonne-Nouvelle (en 2005). Il est l’auteur d’une étude Charles de Foucauld au regard de l’Islam, Le Chalet, 1975. Sur l’islam, il a publié Le réformisme musulman en Algérie de 1925 à 1940, essai d’histoire religieuse et sociale, Mouton, 1967 et une étude sur un savant (‘âlim) et réformateur algérien (mort en 1940), Ibn Bâdis commentateur du Coran, Geuthner, 1971 ; Lumière sur Lumière. Pages d’Islam. Introduction à la pensée islamique, Le Chalet, 1978 et dans la collection « Que sais-je ? », L’Islam contemporain, 2002 [1984] n° 2195, L'exégèse coranique, 1998, n° 3406, La tradition musulmane, 2001, n° 3627. Islam et christianisme en dialogue, Cerf, 1982, est une contribution au dialogue islamo-chrétien. Autre livre : Le Califat, 2008, Desclée de brouwer.

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9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 15:42

Non seulement certains hadiths ne sont pas authentiques (dont sans doute une partie de ceux auxquels se réfèrent les islamistes), mais en plus des interprétations différentes peuvent être faites selon les transmetteurs (la chaîne de transmission est souvent imprécise) ou les traditionnistes (ceux qui ont couché noir sur blanc ces hadiths). Je vous en donne, ci-dessous, un exemple : 3 transmetteurs qui relatent un dit de Muhammad. Le second rapporte que si la pierre blanche (la Kaaba à Médine) * est devenu noire, c'est à cause des associateurs (sous entendu les polythéistes dont vraisemblablement les chrétiens avec le mythe de la Trinité), ce que ne dit nullement le 1er et le 3ème qui rapportent que le prophète aurait attribué ce changement en raison des pêchés de (tous) les hommes. Il y a donc une marge pour les théologiens musulmans, mais on comprend aussi que selon leur préférence idéologique, certains choisissent telle ou telle interprétation. Bien que moins nombreuses, des contradictions peuvent aussi exister dans le Coran, sachant que les révélations de La Mecque sont différentes de celles de Médine, période de guerre pour le prophète.

* ndlr - voir l'article de Wikipedia sur l'historique de ce sanctuaire pré-islamique et sa description ( lien).

 

kaaba_wikipedia.pngD'après 'Abdallah Ibn 'Abbas, le Prophète a dit : « La Pierre noire est descendue du paradis alors qu'elle était plus blanche que le lait ; ce sont les péchés des fils d'Adam qui l'ont rendu noire ». (Rapporté par Tirmidhi dans ses Sounan n°877 qui l'a authentifié et il a également été authentifié par Cheikh Albani dans sa correction de Sounan Tirmidhi).

Et dans une autre version: « La pierre noire vient du paradis, elle était plus blanche que la neige jusqu'à ce que les péchés des associateurs la noircisse ». (Rapportée par Al Bayhaqi et authentifiée par Cheikh Albani dans Sahih Targhib n° 1146).

Certains savants [ndlr - savants en religion ! en fait de braves moralistes] ont dit : méditez sur l'effet que les péchés ont eu sur une pierre et voyez quels peuvent être les effets des péchés sur les coeurs.

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9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 15:26

Concernant le texte coranique, il faut préciser que le Coran, pour les musulmans, est une Parole qui vient directement de Dieu et non pas une œuvre écrite sous l’influence divine ou sous l’influence de l’Esprit saint comme la Bible. Le Coran est considéré comme un texte dicté et non pas inspiré, et dans ce sens il s’impose d’une manière absolue à l’homme sans discussion. Selon les musulmans, c’est Dieu (Allah) qui a parlé et qui a fait descendre (أنزل ) le Coran (et Mohammed a reçu cette parole) par l’intermédiaire d’un ange appelé Gabriel (sourate II, verset 97).


calligraphie_en_lettres_d_or.jpgLe Coran contient non seulement un message religieux, mais aussi des messages ayant une portée politique, juridique et morale. Dans le Coran il y a des règles et des normes (ahkam = أحكام) auxquels les croyants devront se conformer. Le Coran n’admet aucune distinction entre le sacré et le profane car « Ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre appartient à Dieu » (sourate IV, verset 131).

calligraphie vue sur la page Facebook de Mohamed Elhorre

Les grandes doctrines et les règles majeures, destinées à la communauté musulmane, ne sont pas énoncées d’une manière systématique dans le Coran. Elles sont introduites peu à peu et selon une progression qui n’est pas toujours claire. Parfois, il y a des divergences apparentes dans la présentation des dogmes et des règles. Ces dernières sont modifiées pour cadrer avec des situations nouvelles. Il est donc essentiel de connaître l’ordre chronologique et le cadre historique de ces passages coraniques si l’on veut les comprendre pleinement.

La question de savoir dans quelles circonstances tel ou tel verset avait été révélé est une question qui s’est posée très tôt aux musulmans. C’est la question des causes de la Révélation (asbab an-Nouzoul = أسباب النزول ). Pour essayer de répondre, les savants musulmans se sont appuyés sur les récits circulant, parmi eux, depuis la mort de Mohammed. Ces récits (appelés hadith ou khabar) rapportaient les faits et gestes du Prophète et de ses compagnons. A partir de ces récits, des listes de sourates, dressées selon un ordre chronologique, apparaissaient. Nous disposons de listes datant du VIII ème siècle, et reprises par des savants postérieurs.


Le premier découpage chronologique établi partageait les sourates en deux parties : celles qui avaient été révélées à la Mecque, et celles qui avaient été révélées à Médine. On peut ne pas se fonder sur le classement des savants musulmans parce qu’il repose sur des éléments fort discutables : d’abord, les hadiths ne constituent pas des preuves fiables. Ensuite, la sourate n’est pas une unité de la révélation, mais regroupe différentes séquences de la révélation.


Les savants musulmans reconnaissent qu’il y a des divergences dans le texte coranique. Au lieu de donner des explications satisfaisantes de ces divergences qui apparaissent dans des passages où sont indiquées des règles destinées à régir la Communauté, ils prétendent que le verset le plus tardif sur un sujet quelconque ″ abrogeait ″ tous les versets antérieurs qui le contredisent (l’exemple de la consommation du vin). C’est la doctrine ou la théorie de l’abrogation (an-Naskh = (نظرية النسخ) …

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13 août 2013 2 13 /08 /août /2013 12:20

Le 18 août 1950, le Conseil de l'Europe (qui avait été créé en 1949 pour défendre les droits de l'Homme et promouvoir la culture européenne) cherche un symbole pour le représenter. Une commission est mise sur pied avec comme rapporteur Robert Bichet : député du Mouvement républicain populaire (MRP) de Seine-et-Oise (1946-1958) et alors vice-président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (1949-1959). Il sera par la suite maire d'Ermont (1959-1971), conseiller général du Val-d'Oise, canton d'Ermont (1967-1976), et conseiller régional d'Île-de-France. Le Belge Paul-Henri Spaak, l’un des pères de l'Europe (avec les MRP français Robert Schuman et Jean Monnet, etc.), qui est socialiste, marmonne alors : « Question délicate » ! Elle le fut …
International_Paneuropean_Union_flag.pngLa commission en reste à des considérations générales : simplicité, lisibilité, harmonie, esthétique, équilibre, valeur symbolique. Elle reçoit de nombreux projets dont un « E » vert (pour signifier sans doute l’espérance !) sur fond blanc, ou encore le drapeau du Mouvement pan-européen avec en son centre une croix rouge sur fond bleu azur (avec déjà les 12 étoiles). Mais les socialistes et les Turcs (car la Turquie est membre de ce Conseil de l’Europe) y voient une croix chrétienne et s’y opposent. Un styliste japonais, quant à lui, veut représenter les 15 Etats par autant d’étoiles dorées sur un fond bleu ; il propose de disposer ces étoiles selon la géographie réelle des Etats ce qui donne une constellation qui ressemblait à la Grande Ourse !


C’est alors qu’intervient Paul Marie Gabriel Lévy (1910 - 2002) qui s’occupe de l’information au Parlement européen de Strasbourg. Il était, de formation, ingénieur commercial et licencié en sciences économiques (de l’Université libre de Bruxelles). Résistant belge, de sympathie socialiste, il milita au lendemain de la Guerre à L'Union démocratique belge (UDB) qui visait à rapprocher les socialistes et les sociaux-chrétiens (ses membres étaient principalement des sociaux-chrétiens). Après un échec aux élections de 1946, le parti est dissous, mais l'idée du rassemblement des progressistes restera cependant vivace en Wallonie. Il avait soutenu le projet consistant à avaliser le drapeau du Mouvement pan-européen, mais son rejet, fait qu’il est désormais intéressé par les étoiles du styliste japonais. Il s’adresse alors à un peintre qui travaillait au service du courrier du Parlement à Strasbourg, Arsène Heitz (1908-1989), lequel s’était manifesté en déposant de lui-même des projets. C’est ce dernier qui dessina les 12 étoiles dorées sur fond bleu que nous connaissons.


Y a-t-il eu une conspiration catholique ? pour faire avaliser la couleur mariale par excellence, le bleu (mais nous avons vu que cette couleur avait été proposée … par un Japonais !), et les 12 étoiles de l’Apocalypse en couronnement de la Vierge : « Un signe grandiose est apparu dans le ciel, une femme revêtue du soleil, la lune sous ses pieds, et sur sa tête une couronne de douze étoiles » (Ap 12, 1). P.M.G Lévy était d'origine juive, mais s'était converti au catholicisme au début de la guerre, en juillet 1940. Il enseignait à l’Université catholique libre de Bruxelles et à l'Université de Strasbourg. Quant à Arsène Heitz, lui aussi était catholique et il avait soumis un projet reprenant l’oriflamme de Charlemagne (qu’il pensait être de couleur vert, ce que ne confirment pas les historiens) par lettre du 5 janvier 1952 à Filippo Caracciolo, secrétaire général du Conseil de l’Europe (lien).
Monsieur, J'ai l'honneur de soumettre à votre bienveillante attention un projet de drapeau européen, dont certaines caractéristiques conviendraient particulièrement au drapeau de l'Union européenne et de l'Armée. Ce drapeau s'inspire de l'Étendard de Charlemagne par sa couleur verte (dont il est possible de varier la teinte) et des drapeaux des États scandinaves pour la disposition de ses emblèmes.
Il sera donc :
1) vert, en souvenir de l'Étendard donné à Charlemagne par le Pape Léon III, lors du sacre à Rome à la basilique Saint Pierre en l'An 800.
2) portera la croix rouge au liseré d'or, ces deux couleurs symbolisant le sacrifice et la fraternité des peuples unis dans un même idéal, la prospérité et la civilisation qui résultera de cette union.
3) Dans le cas de l'adoption de ce drapeau par l'Union Européenne et l'Armée, il sera facile d'insérer au cœur de la croix l'emblème national de chacun des États participants. En effet il est difficile d’effacer brusquement et de remplacer sans transition des pavillons nationaux qui ont suscité l'enthousiasme et le sacrifice de tant de héros pour leur patrie.
Le fait d’autre part de mettre la croix figurant sur les emblèmes Scandinaves, à l’étendard de Charlemagne, peut symboliser l'avènement d'une Europe plus complète que celle de l'Empire Carolingien. Les renseignements concernant l'Étendard de Charlemagne se trouvent à la bibliothèque Château des Rohans à Strasbourg.
europe_drapeau.jpegPour Arsène Heitz la référence à la vision de l’Apocalypse sera avouée sans fard plus tard ; pour PMG Lévy, c’est plus délicat du fait de sa position au sein de la Commission, mais il sut mettre en avant des considérations plus générales qui, elles, seront admises : le chiffre symbolique de 12 renvoie à une multitude à la fois diverse et unie (les douze tribus d’Israël, les Douze que Jésus choisit pour animer son mouvement, les douze Eglises de l’Apocalypse qui désignent toutes les communautés naissance du christianisme) – et cela dispense d’avoir à refaire le drapeau chaque fois qu’il y a cooptation d’un nouveau membre comme c’est le cas des étoiles du drapeau américain ! Ce sera donc 12 étoiles et non pas 15 comme c’était le nombre des Etats membres lors de la décision. Par ailleurs, ce même chiffre symbolique renvoie à un cycle de temps complet (donc parfait !) : les douze mois de l’année, les douze coups de minuit pour célébrer le passage à un Nouvel An, les douze signes du Zodiaque, etc. On voit bien par là que l’Apocalypse se situe dans une culture antique plus large, biblique entre autres, dont il reprend les symboles.
Un drapeau marial de toute évidence, ceci au nez et à la barbe des socialistes et des Turcs ! Pour un récit plus détaillé, lire.


Par la suite, les unes après les autres, toutes les instances européennes adopteront le même emblème. L’apothéose se fera à Paris lors d’une cérémonie qui – simple coïncidence dira-t-on – fut de nouveau un clin d’œil au culte marial : le texte portant adoption du drapeau fut signé le 8 décembre 1955, le jour de l'Immaculée conception dans le calendrier catholique. Amen !

Ceci dit, ce drapeau européen a le mérite de s'inscrire dans une histoire et une culture (bien au-delà du seul culte marial) et de ne pas être un simple graphisme abstrait.

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5 août 2013 1 05 /08 /août /2013 07:10

strasbourg_2013_7juillet_cathedrale_P1012404.JPG

Dans le cas de la cathédrale de Strasbourg, dans le triangle qui surmonte le portail central de la façade principale, c'est une tête humaine, majestueuse et barbue, à moins que ce ne soit celle de Jésus lui-même au sommet d'une lignée davidique commençant par le roi David montrant un document écrit, puis une Vierge à l'Enfant ... et au sommet d'un angle triangulaire. Elle fait penser aussi, cette tête, à celle de Jean-le-baptiste coupée à la demande de Salomé et apportée à Hérode Antipas sur un plateau.

Pour la distraction, voir les deux ours qui portent le trône de la Vierge Marie, pendant que leurs petits gambadent joyeusement dans les escaliers !

Dans le cas d'un vieux manuscrit de l'Eglise principale de Gorinchem, au Pays-Bas, Dieu prit carrément les traits de Jésus (lien).

Photo de Jean-Claude Barbier, juillet 2013.

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5 août 2013 1 05 /08 /août /2013 06:37

strasbourg 2013 7juillet cathédrale P1012405

façade de la cathédrale de Strasbourg, photos Jean-Claude Barbier, 2013

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A gauche les folles dans une ambiance joyeuse et débridée où l'artiste s'en ait donné à coeur joie, à droite les sages montrées en exemple par Jésus lui-même ou un ancien (les deux doigts sont ceux de Jésus rabbi enseignant, mais il n'est pas auréolé). La première des Vierges folles mange une pomme, celle qu'Eve mangea ... ce qui est un comble ! Les sages tiennent bien en main et verticalement la coupe pleine d'huile pour l'acceuil de l'Epoux.

 

C’est Matthieu qui raconte (Mt 25, 1-13)
« Alors le royaume des Cieux sera comparé à dix vierges qui, ayant pris leurs lampes, sortir à la rencontre de l’époux. Or cinq d’entre elles étaient folles et cinq avisées. Car les folles, ayant pris les lampes, ne prirent pas d’huile avec elles ; mais les avisées prirent de l’huile dans les fioles avec leurs lampes. Or, l’époux tardant, elles s’assoupirent toutes et dormirent. Mais au milieu de la nuit, un cri arriva : ‘Voici l’époux ! sortez à sa rencontre !’. Alors toutes ces vierges-là se réveillent et apprêtèrent leurs lampes. Les folles dirent aux avisées : ‘Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent’. Mais les avisées leur répondirent, disant : ‘De peur qu’elle ne suffise pour nous et vous, partez donc chez ceux qui en vendent et achetez-en pour vous’. Or, celles-ci s’en étant allées en acheter, vint l’époux, et celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui aux noces, et la porte fut fermée. Finalement, viennent aussi les autres vierges, disant : ‘Seigneur, Seigneur, ouvre nous !’. Lui, répondant dit : ‘En vérité je vous le dis, je ne vous connais pas’. Veillez donc, parce que vous ne savez pas le jour ni l’heure ».
Marc (Mc 13, 35) retient seulement l’idée principale (ce qui montre bien que le texte matthéen est antérieur ; le Matthieu araméen d’avant la version grecque que nous connaissons) : « Veuillez donc, vous ne savez pas, en effet, quand le seigneur de la maison vient … ».
De même chez Luc (13, 25), c’est le dénouement seul qui est repris ! : « Une fois que le maître de maison se sera levé et aura fermé la porte et que vous aurez commencé à rester dehors et à frapper la porte, disant ‘Seigneur, ouvre-nous !’ et, répondant, il vous dira : ‘Je ne connais pas d’où vous êtes’ ».
Paul semble connaître cette parabole car il exhorte ainsi les Thessaloniciens (1 Th 5, 6-8) : « Ainsi donc, ne dormons pas, comme les autres, mais veillons et soyons sobres. Car ceux qui dorment dorment la nuit, et ceux qui s’enivrent s’enivrent la nuit. Mais nous, étant du jour, soyons sobres … ».
Egalement Pierre si l’on en croit la première épître qui lui est attribuée : « La fin de toutes choses arrive. Soyez avisés et sobres, en vue de la prière … Chacun, selon le charisme qu’il a reçu, le mettant au service des autres, comme de bons intendants de la multiple grâce de Dieu » (1 P 4, 7-10) ; « Soyez sobres, veillez. Votre adversaire, le Diable, comme un lion rugissant, circule en cherchant qui dévorer. Résistez-lui, solides par la foi » (1 P 5, 8-9), fichtre !.
Plus tardivement, Clément de Rome, dans ses Homélies (3, 60-64) évoquera lui aussi cette attente vigilante du chrétien : « Heureux cet homme que son maître établira sur le service de ses serviteurs pour leur donner les nourritures en leur temps, et ne disant pas en son cœur : 'Mon maître tarde à revenir’. »

Source : Synopse des quatre évangiles, P. Benoît et M.-E. Boismard, Paris, éditions du Cerf, 2001, p. 270-271).

Seul Matthieu parle de l’époux, ce qui fait penser à celui du Cantique des cantiques, à savoir Dieu lui-même qui chérit la fille de Sion (et lui pardonne ses péchés après l’Exode dans un poème de retrouvailles). Après Matthieu araméen, ce sera "le Maître", celui qui est à la tête d’un domaine et y fait vivre ses gens et ses serviteurs, qui est assez riche pour épouser jusqu’à 10 vierges et avoir un intendant pour la gestion de ses biens ! C’est le « seigneur » au sens antique du terme, l’adonaï des textes hébreux et le kyrios des textes grecs. Est-ce toujours Dieu ? ou bien Jésus qui lui est associé dans la perspective eschatologique ? Avec en écho la longue attente des chrétiens depuis que Jésus est mort et leur a promis de revenir : « Mon maître tarde à revenir » dans le texte de Clément de Rome (IIème siècle) …
Les vierges sont dites « folles » car non prévoyantes, non raisonnables, n’ayant pas su s’organiser pour ce qui est important : être prêt pour la fin des temps. Il n’est pas dit qu’elles sont pécheresses ni indécentes et il ne faut y voir une parabole moralisante, mais une invitation, reprise du message d'urgence de Jean-le-baptiste : la Fin des Temps est proche.
Ceci dit, avec l’artiste du tympan droite de la façade principale de la cathédrale de Strasbourg, les vierges « folles » se dévergondent dans un laisser aller plein de fantaisie : une ambiance de surboum avant la lettre !

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5 août 2013 1 05 /08 /août /2013 06:33

bruxelles_2013_juillet_12_P1012459.JPGbruxelles_2013_juillet_12_P1012460.JPG

Au XVIe siècle, les Pays-Bas désigne un vaste ensemble de possessions qui s’étire de l’Artois (Flandres romane ou gallicane, de langue française, qui correspond au Nord actuel de la France) jusqu’en Frise, au nord de la Hollande. On distinguait les Pays-Bas du Nord de ceux du Sud ou Belgica Foederata ou encore Belgica Regia. Cet ensemble avait été réuni par les ducs de Bourgogne au XV° s. et transmis au siècle suivant aux rois d’Espagne ; Bruxelles en était la capitale. Au XIe siècle, le comte de Brabant y avait transféré sa capitale, abandonnant Louvain ; il y fit construire alors un premier château ; le Brabant était devenu bourguignon au XV° siècle.


En 1559, Philippe II, roi d’Espagne, nomme Marguerite de Parme (sa demi-sœur et fille naturelle reconnue par son père Charles Quint) gouvernante des Pays-Bas. Il la présente aux Etats généraux des Pays-Bas, à Gand ; une instance établie par l’empereur Charles Quint. Mais finalement, la Gouvernante se trouve flanquée d'un conseil occulte, la Consulte, qui court-circuite les grandes familles aristocratiques des Flandres présentes au Conseil d’Etat. Font partie de la Consulte, le chancelier Viglius, Charles de Berlaymont et surtout le cardinal Granvelle. Ce dernier exaspère à la fois ces nobles exclus et la gouvernante. En plus de ce mécontentement des nobles, l’opinion n’apprécie pas la répression féroce des protestants par la politique anti-calviniste que mène Philippe II. Les premiers protestants sont signalés à Bruxelles dès les années 1520 et, en 1523, les premiers martyrs sont exécutés sur la Grand-Place.
Vers 1560, l'intransigeance du cardinal Granvelle a poussé au paroxysme l'hostilité de la population envers la domination espagnole. Les prêtres s'opposent aux restrictions apportées à leurs prérogatives par l'Inquisition. Les nobles, sans cesse rabaissés, contestent, en 1561, la décision de Granvelle de porter secours aux catholiques français. Guillaume d'Orange et ses alliés du Conseil d'État exigent la convocation des Etats généraux. Granvelle s'y refuse en évoquant les passions que déchaînerait « ce méchant animal nommé le peuple ».


De fait, les soulèvements se multiplient. Peu après les émeutes de Bailleul et de Tournai, la foule délivre à Valenciennes deux tisserands calvinistes conduits au bûcher (1562). En 1564, le peuple force la porte des prisons à Bruges et à Bruxelles. Le 11 mars, Guillaume d'Orange et les comtes d'Egmont et de Hornes démissionnent de leurs fonctions au Conseil d'État. Catholiques et calvinistes s'unissent et 400 nobles signataires présentent à Marguerite de Parme un programme commun contre l'Inquisition et « les mauvais conseillers du roi ». Le texte, connu sous le nom de « compromis des Nobles », assortit au rejet de l'absolutisme la promesse de ramener l'ordre.
Sur ce, Henri de Brederode, un noble protestant, rapporte les propos qu’il aurait entendus en donnant à la gouvernante le texte. Marguerite de Parme impressionnée par la délégation est rassurée par l’un de ses conseillers, Charles de Berlaymont (membre de la Consulte), qui lui dit « N’ayez pas peur, ce ne sont que des Gueux ! ». Henri de Bréderode en fait alors le nom de ralliement des insurgés et ceux-ci organisent un grand banquet en l'hôtel de Culembourg, le 5 avril 1566, où les nobles signataires apparaissent habillés en loques, « pauvres jusqu’à la besace », et qui se termine aux cris de « vivent les Gueux ». Henri de Bréderode sera surnommé « le Grand gueux » !
 

L’hôtel sera détruit dès 1568 sur ordre du duc d’Albe. Il faut attendre 1884 pour que la plaque actuelle soit apposée (lien). On y retrouve symboles et devises propres aux Gueux. L’expression « plutôt turc que papiste » rappelle que gueux et Turcs avaient alors un ennemi commun, le roi d’Espagne. Le croissant est à associer à cette devise. La besace, l’écuelle et la poignée de mains sont les symboles les plus connus des Gueux. L’expression « Jusqu’à porter la besace » signifie que les insurgés sont prêts à rester fidèles à leurs idées jusqu’à tout perdre … ce qui finalement se réalisa ! Bon nombre des signataires furent soit exécutés, exilés ou dépossédés.

La guerre de Quatre-Vingts ans finit par éclater à l'été 1566 avec, à l’initiative de protestants insurgés, de violentes actions iconoclastes en Flandre et en Hollande. Tous les révoltés n'étaient pas protestants, cependant un très grand nombre d'églises furent dévastées lors de cette révolte également qualifiée de « crise iconoclaste », car les protestants révoltés s'en prenaient aux représentations, aux « images ». Le premier lieu de culte à être saccagé fut le couvent de Saint-Laurent à Steenvoorde dans le Westhoek. Puis la révolte se répandit, telle une traînée de poudre, à travers l'ensemble des Pays-Bas du Sud, puis à Anvers. Une partie des iconoclastes fut totalement décimée en 1566 après avoir été poursuivie dans les marais entre Seclin, Houplin et Gondecourt par les habitants de ces villages alors menés par Guislain de Haynin, seigneur du Breucq à Seclin.


Suivant les conseils des gouverneurs de provinces appartenant à la noblesse, comme le comte d'Egmont en Flandre, la gouvernante tente une politique de clémence que désapprouve le roi. Coincée entre l'intransigeance de son frère et la sympathie grandissante de l'opinion populaire et d'une partie de la noblesse pour les calvinistes, Marguerite finit par demander son congé. Le protestantisme est alors violemment réprimé, le culte catholique étant seul autorisé par le nouveau gouverneur, Ferdinand Alvare de Tolède duc d'Albe. La répression frappe également les comtes d'Egmont et de Hornes décapités sur la Grand-Place de Bruxelles le 5 juin 1568. Ils étaient tous deux catholiques.


Cette guerre des Gueux a commencé sous le commandement du prince Guillaume d'Orange, catholique bien que sensible aux revendications protestantes sous l'influence de son conseiller et ami, le calviniste Marnix de Sainte-Aldegonde né à Bruxelles d'une famille d'origine savoyarde. Guillaume d'Orange, lui, est un noble d'origine allemande ; son titre se réfère à la principauté d'Orange qui était souveraine et presque entièrement enclavée dans le Comtat Venaissin (lequel avait été vendu aux papes d’Avignon) et ayant sa capitale dans la ville d'Orange, dans l'actuel département de Vaucluse, en France. D’origine allemande et membre de l'entourage de Charles Quint, Guillaume d'Orange est au début fidèle partisan des Habsbourg et fait partie de la cour de Bruxelles.

 Les hostilités s'ouvrent entre des troupes regroupant aussi bien des catholiques que des protestants. En 1576 les Espagnols perdent le contrôle des Pays-Bas. En 1577 Guillaume d’Orange fait son entrée à Bruxelles à l’invitation de l’assemblée des États généraux et est proclamé ruwaert du Brabant c’est-à-dire protecteur. Par l’Union de Bruxelles, les Pays-Bas décident de se diriger eux–mêmes. En 1579 les églises sont visitées par les iconoclastes. Marguerite de Parme sera de retour à Bruxelles en 1579 pour reprendre sa charge de gouvernante, mais l'hostilité qu'elle continue à manifester à la politique de violence de Philippe II entraîne sa révocation définitive le 13 décembre 1581. Après son départ, le culte catholique est aboli et la cité gouvernée par les protestants jusqu’en 1585. Mais ce fanatisme religieux fini par séparer les catholiques et les protestants ; après les émeutes iconoclastes d'Armentières, les catholiques se séparent des nobles protestants. Finalement la république calviniste capitulera devant Farnèse le 10 mars 1585. Le général au service du roi d’Espagne fera toutefois preuve de clémence : les protestants peuvent quitter la ville ; les seules victimes seront les défunts calvinistes déterrés des cimetières …

Il reste que la guérilla se développera, plus au nord, en une guerre de libération qui aboutira à l'indépendance des Provinces-Unies, les actuels Pays-Bas, sous la houlette de Guillaume d’Orange ; indépendance reconnue par le traité de Westphalie en 1648.
Il faut attendre 1781 avec l’édit de Tolérance de l’empereur Joseph pour que, en Belgique, les protestants obtiennent la liberté de conscience et le droit à un culte privé.

La photo (Jean-Claude Barbier, juillet 2013) est la square du Petit Sablon où s’élève le mémorial aux comtes d'Egmont et de Hornes. Ce mémorial est entouré de statues chacune dans une niche individuelle, représentant des personnalités catholiques et protestantes de l’époque qui ont fait partie des Gueux, puis, sur le pourtour et sur des piliers, évoquant le peuple, la représentation des divers métiers de l’époque.


Ont été consultés : Wikipedia (lien), Encyclopaedia Universalis (lien) et l'article "Bruxelles la protestante" dans Itinéraires protestants (lien).

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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 08:03

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Comme les autres Eglises protestantes, les unitariens ne pratiquent pas le culte marial, contrairement aux catholiques et aux orthodoxes, mais ce culte fait bel et bien partie de l'histoire du christianisme. Il a des bases scripturaires avec le récit de l'Annonciation (Lc 1, 26-38), la place de Marie dans la généalogie de Jésus selon Matthieu où elle ouvre une nouvelle lignée à l'exemple de Thamar, Rahab, Ruth, la femme d'Urie, celle des adeptes de la nouvelle voie (Mt 1, 3,4-6,16) ; elle est présente au grand évènement de la Pentecôte (Ac 1, 14) et l'évangile de Jean lui attribue un rôle de médiatrice, tout au début du ministère de son fils, lors des célèbres noces de Cana ("Sa mère dit aux servants : tout ce qu'il vous dira faites-le" Jn 2, 5) et la place au pied de la croix (Jean seul 19, 25-27). L'Apocalypse la couronnera. Il a aussi une base conciliaire avec le concile d'Ephèse en 431 qui la proclame Theotokos "Mère de Dieu". Paradoxalement, Luther et Calvin, et en général les protestants du XVIème siècles n'ont pas dénoncé cette théologie, tout en en refusant la conséquence cultuelle !

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Pour les unitariens, c'est l'ensemble de la théologie christique des grands conciles oecuméniques du Ier millénaire qui n'est pas admise, puisque pour eux Jésus est un simple humain comme nous tous ; il s'ensuit que sa mère l'est aussi ! Cela n'empêche pas bien entendu d'admirer les oeuvres d'art qui s'en sont inspirés (ici ce vitrail aux bleux profonds).

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photo vue sur Wikipedia à l'article sur Notre-Dame du Sablon

L'originalité de ce culte, c'est que chacun a sa Vierge Marie ! que ce soit des localités, des ethnies (les Gitans aux Saintes-Maries-de-la-Mer, les Indiens au Mexique à Guadalupe, etc.) ou des pays qu'elle protège. Mieux, chaque Vierge Marie est différente, unique dans son attitude et habillage. La statuaire ne s'y trompe pas. Elle est d'ailleurs la seule statue chrétienne a être habillée. Enfin, les évènements qui donnent naissance à son culte local sont très souvent particuliers : découverte d'une statue qui s'avère miraculeuse, apparition, etc. Lors de la christianisation, son culte a tout naturellement pris le relai des sanctuaires consacrés aux déesses mères par suite de leur désaffection par le public.

Dans le cas de Notre-Dame du Sablon, sa statue fut dévouverte à Anvers en 1348 par une certaine Beatrijs Soetkens  et amenée par barque (ce que représente la statuaire ci-dessus).

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Le bleu est la couleur mariale par excellence, mais aussi le blanc, le rouge et l'or. Ici, la Vierge du Sablon tient un sceptre (elle est reine-mère couronnée !) qui présente l'étoile annonciatrice des évènements (celle des mages !) et celle de l'Apocalypse ; quant à l'Enfant Jésus, il est également couronné car roi de ce monde comme le montre le globe de son sceptre (et non, ce n'est point un hochet !).

Les statues sont bien fardées, culture people oblige ! Pour l'Enfant Jésus, c'est preuve de bonne santé !

photos Jean-Claude Barbier, juillet 2013, sauf indication contraire

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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 05:37

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la haye palais de la paix P1012435pfla haye palais de la paix P1012437Planant dans les airs d’une façon majestueuse et fondant sur ses proies, l’aigle a servi de blason et d’emblème à de multiples souverainetés (ici la plaque rutilante de l’ambassade du Yémen à La Haye et une chaise offerte du temps de son existence par l’empire austro-hongrois au Palais de la Paix à La Haye). Mais qu’en est-il pour l’évangile de Jean à qui il a été associé par Jérôme et la tradition chrétienne ? (voir, dans la même rubrique, notre article : « les animaux qui ont inspirés les évangélistes »,  lien). Ici, l’aigle représentant Jean l’évangéliste à la base de la chaire de Notre-Dame du Sablon à Bruxelles.

Bruxelles 2013 juillet12 les sablons P1012465Haute spiritualité reconnue à cet évangile ? Haute christologie du Fils Bien aimé et du Logos du Prologue ? Forte référence à l’Esprit saint ? Les commentaires restent surtout littéraires et invitent à lire cet évangile de toute beauté, l'un des derniers fleurons de la culture biblique ; voir par exemple ceux de Pierre Bougie, professeur au Grand séminaire de Montréal ( lien).

Photos de Jean-Claude Barbier, juillet 2013

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