Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 11:56

Bakhdida_eglises.JPGéglises syriaques orthodoxes (de haut en bas) :


1 - église de Sarkis et Bakos - Il s'agit de la plus ancienne église de la ville , peut-être construite au VI° ou VII° siècle. Elle fut brûlée par Nader Shah en 1743 et reconstruite en 1744.

 

2 - église de Mart Shmony - construite avant le VIII° siècle (on sait qu’elle fut restaurée en 791), nommée sur le nom d’une sainte martyre avec ses enfants qui font l’objet d’un pèlerinage annuel.

 

 

 

 

3 - église de Mar Gorgis – autre vieille églises de la ville

Repost 0
Published by Jean-Claude Barbier - dans Eglises du Moyen-Orient
commenter cet article
22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 11:18

Afin d’être protégés, des Jacobites (chrétiens syriaques monophysites, dissidents par rapport à l'Eglise grecque orthodoxe héritère de Byzance) ont commencé à établir des relations avec Rome à partir de 1580. Dans le Nord de l'Irak, celles-ci se sont développées à partir des années 1760 avec l’arrivée de dominicains, ce qui a aboutit à une scission entre les ralliés à Rome (des uniates) et les autres ; en 1837, les biens ecclésiaux (églises et monastères, meubles, manuscrits, etc.) sont répartis entre les deux Eglises assyriennes sur arbitrage des autorités ottomanes. A Bakhdida / Qarakosh, les catholiques syriaques sont près de 96% des chrétiens syriaques de la ville.

A Bakhdida / Qaraqosh, les catholiques syriaques disposent de pas moins 7 églises : église de la Vierge Marie, église de l’Immaculée conception, église de Mar Jacob (ex église de Mar Andrawes), église de Jean-Baptiste, église des martyrs Mar Gewargis, église de Mar Zina, église de Mar Behnam et sa sœur Sarah Mart.

Bakhdida2.jpg
Fête de Noël à l’Eglise catholique syriaque de l’Immaculée conception à Bakhdida / Qaraqosh. Celle-ci est la plus grande église en Irak ; elle fut construite de 1932 à 1939, puis complétée en 1948.

Repost 0
Published by Jean-Claude Barbier - dans Eglises du Moyen-Orient
commenter cet article
22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 10:51

Après la prise de Mossoul par les islamistes de l’Etat islamique d'Irak et du Levant (EIIL), ceux-ci ont commencé dès le 16 juillet à marquer les maisons des chrétiens avec une lettre "N" peinte en rouge pour « Nazarat », c’est-à-dire, chrétien ! Autrement dit, le pillage y est autorisé sans encourir les foudres de la charia. Ils ont investi l’évêché chaldéen sur lequel ils ont hissé leur étendard, puis, le 18 juillet, ont incendié le bâtiment. Les chrétiens avaient reçu l'ultimatum de se convertir à l'islam ou de payer l'impôt suplémentaire qui leur est réservé (la "djizya") ou bien de  déguerpir de la ville. Les barrages miliciens leur ont enlevé tout objet de valeur qu'ils avaient pu emporter ... Il y a 10 ans, la population chrétienne de Mossoul s'élevait à 100 000 habitants.

mossoul_eveche_chaldeen_incendie.jpg
Or, les chrétiens sont à Mossoul depuis 1089, date d’une immigration de chrétiens assyriens en provenance de Bakhdida à la suite de pressions fiscales qu’ils jugeaient excessives. Lors de l’expansion perse au début du XVIII° siècle sous la direction de Nader Shah, ils participent activement à la défense de Mossoul sous la direction du gouverneur ottoman de la ville (les Perses se retireront de la région en 1743 à la suite d’un accord de paix) – en récompense, ils auront l’autorisation d'y construire des églises !

Repost 0
Published by Jean-Claude Barbier - dans Eglises du Moyen-Orient
commenter cet article
22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 09:18

Quaraqosh musiqueSelon la tradition chrétienne, les restes mêmes de cet apôtre reposent dans la crypte de la basilique Saint-Thomas à Chennai, en Inde, ... mais des reliques supposées de l’apôtre ont été trouvées en 1964 dans le mur d’une vieille église de la ville de Bakhida au nord de l’Irak et conservées à l’église syriaque catholique Saint-Thomas à Mossoul.

Sur cette pochette de disque, on voit (en petit) l'apôtre Thomas toucher le corps de Jésus à l'endroit où la lance a pénétré, afin de vérifier par lui-même la réalité de la résurrection (d'après l'Evangile de Jean 20, 24-29). Qaraqosh est le nom en turc ottoman de la ville de Bakhdida.

 

L’apôtre Thomas a-t-il évangélisé Edesse avant d’aller de rendre en Inde ? Ville, naguère capitale de l’Osroène, Edesse est aujourd’hui Şanlıurfa en Turquie, dans partie sud-est de ce pays ; elle est souvent appelée simplement Urfa. Des reliques de l'apôtre sont citées dans les poèmes de saint Ephrem, lequel vécut à Edesse vers 360. Une partie des restes de l’apôtre aurait même été transférée de l’Inde à Edesse, en l’an 392. Certains auteurs pensent que les apocryphes que sont l’ « Evangile selon Thomas » et les « Actes de Thomas » relèvent de la tradition syriaque.

Mais Edesse fut prise par les Byzantins et les Perses, puis par les Arabes, reconquise par les Croisés, etc. … toutefois, dans cette série de conflits, les reliques auraient échappées au pillage ! Elles auraient été déplacées dans l'île grecque de Chios, pour se retrouver, en 1258, à Ortona en Italie avec une pierre tombale de facture mésopotamienne. Quoiqu’il en soit de la vérité historique, saint Thomas est célébré non seulement en Inde, mais aussi en Italie et, maintenant, au Nord de l’Irak !

Bien entendu, Mossoul n’est pas tout près d’Edesse (430 km par la route plus à l’est), mais les chrétiens de Mossoul relèvent des Eglises de langue syriaque (orthodoxe et catholique) si bien que la présence éventuelle de l’apôtre Thomas s’est étendue jusqu’à eux !

 

mossoul_mar_mattai.jpg

 

Les reliques de saint Thomas à Mossoul ont été récemment transférées (début juillet 2014) au monastère syro-othodoxe de Saint-Mathieu (Mar Mattai) à quelques 20 km de la ville, suite à l’occupation de celle-ci par l'armée du prétendu Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL).

Repost 0
Published by Jean-Claude Barbier - dans Eglises du Moyen-Orient
commenter cet article
1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 19:19

michel_servet_timbre_espagnol.jpg

"Unitariens francophones" est un groupe d'information (sur l'unitarisme, sur les questions religieuses et de spiritualité) et de discussion qui a été lancé comme groupe Yahoo le 5 avril 2005, puis un doublon a été ouvert sur Facebook en février 2012, lequel fonctionne à ce jour avec 137 personnes. Le groupe Yahoo (avec plus de 130 personnes) reste ouvert pour les archives mais n'est plus animé ; par contre notre espace sur Facebook est très actif (lien).

Repost 0
Published by Jean-Claude Barbier - dans le forum des unitariens francophones
commenter cet article
4 mai 2014 7 04 /05 /mai /2014 12:45

michel benoit naissance du coranMichel Benoît vient de publier (mai 2014) : "Naissance du Coran. Aux origines de la violence" dans la collection Histoire / Religion des éditions de L'Harmattan, 168 p., 16,15 €


Présentation de l'éditeur : Pourquoi tant de violences au nom du Coran ? Lui obéissent-ils, ces fanatiques qui se réclament de lui pour tuer ou se faire tuer ? Avec clarté, l'auteur fait la synthèse d'un siècle de recherche indépendante. Il met en lumière une idéologie qui a contaminé le christianisme et l'islam, avant d'inspirer les totalitarismes du siècle dernier : le messianisme. Un éclairage saisissant apporté au nécessaire débat sur la naissance du Coran, ce brasier qui enflamme périodiquement la planète depuis la fin du 7e siècle.

En contre point, n'oublions pas toutefois le messianisme non-violent du rabbi Jésus de Nazareth. Tous les messianisme ne sont donc pas guerriers, mais de connivence avec des mouvements nationalistes, ils peuvent devenir terriblement meurtriers.

Au-delà de cette problématique de la violence inspirée par certains textes considérés comme sacrés, l'auteur apporte des informations sur la genèse du Coran, non point descendu du ciel, mais composé après la mort de Muhammad sur commande des Califes et avec l'aide de ses disciples ; bref, un travail monumental de compilation.

Repost 0
Published by Jean-Claude Barbier - dans AIU - Amitiés islamo-unitariennes
commenter cet article
1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 09:13

pascal_vesin_pretre_ou_franc_macon.jpgAux éditions de la Renaissance, dans la collection « Religions et Spiritualités », le prêtre Pascal Vesin vient de publier « Être frère, rester Père, prêtre ou franc maçon, Pourquoi choisir ? », à savoir qu’il revendique sa double appartenance, à la fois la fraternité franc-maçonne et son statut de prêtre catholique qui en fait un pasteur pour ses fidèles … même si la hiérarchie catholique ne le compte plus parmi les siens.
Le livre est en téléchargement gratuit sous le format [PDF] et [EPUB]
Par ailleurs, ce livre est publié aux éditions du Châtelet et chez Plon, 216 pages, avril 2014, 16,90 euros.

Par ce livre Pascal Vesin maintient ses revendications, cette fois-ci publiquement. Il prend ainsi date comme pionnier car la position actuelle de l’Eglise catholique est manifestement archaïque et repose sur des informations erronées – non pas une méconnaissance car elle reçoit les informations suffisantes, mais par une incompréhension têtue, de combat, héritière des conflits avec le laïcisme du début du XIXème siècle, en bref une position typiquement sectaire qui consiste à diaboliser l’autre.

Pascal Vesin a donc sorti sa plume après des mois de discrétion où il a espéré pouvoir joué un rôle au sein d’une commission d’étude où son Eglise se serait penché sur cette question. Celle-ci est restée muette. Plume libérée et voix devenue audible, invitée ici et là dans des librairies pour signée son livre, aux stations de radio, sur les plateaux de télévision, etc. L’Eglise catholique a sous-estimé que son prêtre avait du talent et du charisme et qu’il n’allait pas se taire ! On ne bâillonne pas un homme de qualité tel que lui …

Repost 0
Published by Jean-Claude Barbier - dans le droit aux appartenances
commenter cet article
25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 08:48

 

Déjà les Turcs, au XVIIème siècle, notaient l'arrogance des Européens !

Le voyageur anglais  Edward Brown rapporte dans son Voyage en Egypte (1674) [ndlr - il est également connu pour un voyage en Croatie] les réflexions d’un Turc sur la perception qu’ont les Occidentaux du monde arabo-musulman, à propos de l'habitude des Orientaux de se raconter des histoires plus ou moins fabuleuses durant leurs loisirs :

edouard_brown.jpg

« ”Vous voyez, me dit-il, que nous ne sommes pas aussi barbares que le croient beaucoup de Francs [chrétiens d’Europe]. C'est vraiment une des pires caractéristiques de votre peuple ; ils sont pleins de vanité et de suffisance. Passionnément attachés à leurs coutumes, ils s'irritent de voir que les autres tiennent aussi aux leurs. Je sais que beaucoup de Francs se moquent de nos histoires et de ce moyen dont nous usons pour alléger nos tourments, et pourtant il me semble que c'est aussi innocent que leurs propres distractions : le vin qu'ils boivent en quantité ou le jeu auquel ils s'adonnent. Et quoique nos histoires soient très différentes des vôtres, c'est du moins ce que l'on m'a dit, il n'y a aucune raison pour qu'elles soient ridicules ou absurdes. Nos mœurs n'ont jamais été les mêmes, nous n'envisageons pas de la même façon la guerre et la paix, notre enseignement et nos plaisirs diffèrent, pourquoi nos histoires devraient-elles ressembler aux vôtres ? Et pourquoi mériteraient-elles le mépris pour la seule raison qu'elles sont différentes ? N'est-ce pas là un trait de vanité ou d'orgueil plutôt que de science et de courtoisie ?” »

Ebranlé par cet appel au respect des différences et des cultures, Brown poursuit :

« Je ne pus m'empêcher de reconnaître que ce qu'il disait était tout à fait juste […]. Avec quelle facilité nous voyons la paille dans l'œil des autres et nous ignorons la poutre qui est dans le nôtre ! »

En tant qu'humaniste chrétien (protestant), Brown pense qu'avant de juger et de condamner, il faut d'abord essayer de comprendre. Il s’élève contre les idées préconçues sur les musulmans :

« Si la plupart des Francs portent ces jugements sur leur compte, c'est qu'ils ne se donnent pas la peine, ou, comme ils disent, ne prennent pas le risque, d'apprendre à les connaître. […] Ce n'est pas le manque de connaissances qui peut faire passer ces peuples pour ignorants aux yeux des voyageurs européens, mais plutôt le fait qu'ils attachent plus d'importance à des choses qui n'en ont pas pour nous, et dans lesquelles peu de nos voyageurs ont des lumières. »

Ndlr - Le voyage en Egypte (1673-1674) d'Edouard Brown a été republié par IFAO ( lien), avec une introduction et des notes de Serge Sauneron et une traduction en français de Marie-Thérèse Bréant.

 

Nous remercions Laurent Baudoin pour cet extrait paru dans un compte-rendu d'une réunion du groupe Abû-Nuwâs (tenue le 23 avril 2014) sur "l'homoérotisme en terre d'islam : paroles de voyageurs". L. Baudoin mène des recherches à l'EHESS (Paris) sur "Les représentations occidentales de l'homoérotisme dans les pays arabo-musulmans à travers la littérature de voyage du XVIe au XIXe siècle".

Son projet : J’ai voulu savoir ce qu’il en était vraiment de la perméabilité à l’homoérotisme des sociétés arabo-musulmanes de la période « prémoderne » (c'est-à-dire avant l’influence massive de l’Occident sur l’Orient et la montée des nationalismes arabes), et si l’on pouvait établir une légitimité socio-culturelle de l’homoérotisme, qui démente les affirmations selon lesquelles les civilisations de l’Islam sont hostiles aux relations entre personnes de même sexe.

Des travaux historiques ont déjà été menés à partir de sources écrites arabophones ou turcophones (dont l'ouvrage de référence de l'universitaire américano-palestinien Khaled el-Rouayheb, L’Amour des garçons en pays arabo-islamique, XI-XVIII s., éd. Epel, 2009).

Ces travaux utilisent aussi, mais partiellement et comme sources secondaires, les récits de voyageurs occidentaux en Orient. J’ai donc entrepris de partir à la découverte de ces textes peu exploités. Ils apportent un éclairage direct sur la représentation que se faisait l’Europe chrétienne de la sexualité musulmane (en particulier l’homoérotisme), en même temps, par dérivation, qu’un aperçu de la façon dont l’Europe jugeait les comportements sexuels transgressifs, et exploitait la prétendue « dépravation morale » des musulmans à des fins politiques contre l’Islam.

Repost 0
2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 11:26

note Jean-Claude Barbier, préparée le 11 décembre 2016 pour le séminaire de formation des unitariens à Kigali du 16 au 23 décembre 2013 ; suite de l'article précédent ( lien).

 

- depuis l’édit transylvain de Torda en 1568, nous affirmons la liberté de penser et d’expression ; et donc le vécu démocratique dans nos sociétés civiles et nos communautés.


ferenc_david_torda_1568.jpg

Le théologien hongrois anti-trinitaire Ferencz David, alors chapelain à la cour du roi Jean Sigismond, lors de la "dispute" de Torda


- à la suite d’un Michel Servet, nous estimons que les discours métaphysiques doivent être confrontés à leurs propres sources (voir son ouvrage principal : la Restitution du christianisme) afin de ne pas connaître une dérive inflationniste.
Pour nous, chrétiens, lire les évangiles et le Nouveau testament afin de mieux comprendre Jésus et son mouvement, et non pas de se contenter de résumés, d’extraits ou encore de ce que l’on en dit ici et là.
Mais, ce n’est pas toutefois la ‘Sola Escritura’ car nous ne sommes pas des fondamentalistes ! Ces textes doivent en effet être lus à la lumière des progrès historiques et archéologiques contemporains.
- à la suite d’un Faust Socin, nous tenons compte que l’homme est un être doué de raison et qu’il peut donc – et doit -  critiquer les corpus religieux en faisant le tri entre les faits historiques et les élucubrations métaphysiques irrationnelles (en ce qui concerne le christianisme, le Péché originel, le sacrifice rédempteur de Jésus, etc.).
A noter que c’est ici un point de désaccord avec la tradition anglo-saxonne qui se refuse à toute critique des religions au nom de la liberté de penser (comme par exemple l’unitarisme-universalisme américain).
- nous nous accordons sur un credo minimaliste : pour les chrétiens unitariens, la croyance en l’existence de Dieu (avec le « D » majuscule du monothéisme radical et universel), et l’adhésion à la personne de Jésus (car nous l’aimons) et à son enseignement (car il nous inspire).
- nous établissons la distinction entre ce qui est objectif (par exemple le dogme trinitaire n’est pas dans le Nouveau testament et les anti-trinitaires du XVIème siècle avaient bel et bien raison sur ce point), et ce qui relève des choix personnels au niveau des opinions. Ceci s’applique bien entendu en premier aux prédicateurs.
- les fidèles sont invités à tenir compte des connaissances scientifiques pour l’étude des livres bibliques (une exégèse post-confessionnelle), pour savoir qui fut réellement Jésus (le Jésus de l’Histoire et non celui des métaphysiciens), pour mener une réflexion sur Dieu à partir des progrès actuels de l’astronomie (ce qu’on peut appeler le Dieu du big-bang, un Dieu universel, le même pour tous indépendamment des religions particulières, créateur non seulement de notre espèce humaine, mais de tout l’univers). Voir la revue ‘Le monde de la Bible’.
- nous faisons la distinction entre les engagements communautaires précisés lors de synodes ou d’assemblées générales, et ceux personnels des fidèles (qui relèvent de leur propre liberté de penser dans les limites du vivre ensemble).
- La laïcité nous fait en plus le devoir de séparer la religion de la politique. L’éthique civique que nous devons promouvoir s’arrête à la morale et aux valeurs à défendre, mais ne doit pas empiéter sur le rôle propre des partis politiques qui est d’élaborer des programmes d’action. Jésus est à l’origine de cette laïcité lorsqu’il dit « rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ».
- le choix d’une religion, d’une Eglise, d’une communauté spirituelle ou religieuse ne doit pas occulter la possibilité d’autres choix tout aussi valables. On choisit parce que l’on aime et parce que cela nous sied et non pas parce que notre appartenance équivaudrait à détenir la Vérité (alors que les autres seraient dans l’erreur). D’autant plus que les choix d’appartenance ne se font pas toujours sur des critères théologiques car entre souvent en compte la proximité du lieu de culte, les relations familiales et sociales, la personnalité du ministre du culte, le style et l’ambiance des assemblées, etc.
10° - Nous pratiquons un christianisme non exclusif des autres Eglises et des autres religions (apport très important de l’unitarisme-universalisme en ce sens). Gandhi disait que chacun veille à vivre sa propre religion dans l’excellence. Pour le protestant libéral Théodore Monod (savant biologiste qui se disait chrétien pré-nicéen), chacun monte la même montagne à sa façon, selon son propre rythme, selon le chemin qu’il choisit ; mais c’est pour rencontrer au sommet le même dieu, le Dieu universel.

Repost 0
Published by Jean-Claude Barbier - dans toutes les idées ne se valent pas !
commenter cet article
2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 10:52

note de Jean-Claude Barbier, préparée le 11 décembre 2016 pour le séminaire de formation des unitariens à Kigali du 16 au 23 décembre 2013 ( lien)


L’homme semble être le seul animal dont la production mentale aboutit à des idées, à savoir des concepts qui désignent des réalités tangibles, des faits réels ou encore un ensemble (des catégories concrètes – par exemple « les hommes » - ou invisibles – par exemple « les gaz », ou abstraites par exemple l’éros selon Freud, l’âme selon les spiritualistes, etc.). Celles-ci ne sont forcément liées à l’intelligence, comme par exemple lorsque l’individu reprend tout bonnement les idées de son groupe d’appartenance par soucis de conformisme ou pour, comme on dit, aboyer avec les loups. Nous nous proposons ici de distinguer plusieurs types d’idées.


cerveau_hemispheres_bonheur_travail.jpg

 

Les croyances sont acquises non pas par un effort intellectuel de la personne mais par transmission des générations précédentes : la tradition, la coutume, l’éducation reçue des parents, les corpus religieux, etc. Elles ne sont pas forcément « fausses » et peuvent refléter une sagesse accumulée par les générations précédentes, mais ne sont pas encore vérifiées par la personne et ne s’accompagnent pas de preuves, sinon d’argumentaires communautaires. Par exemple « Je crois en l’existence de Dieu ».
Parmi ces croyances héritées du passé, certaines sont considérées comme désuètes, sans fondement ; on les appelle des « superstitions », par exemple le chiffre 13 porterait malheur (en fait, c’est 12 – chiffre symbolique de la perfection : les 12 mois de l’année, les Douze désignés par Jésus à la tête de son mouvement, etc., plus 1, ce qui fait qu’on tombe dans l’imperfection … qui donc fait courir des risques). A noter que cette superstition est suffisamment répandue pour que les hôtels passent du n° 12 au n° 14  et que certains hôtes invitants ne reçoivent jamais une 13ème personne à leur table !
Les rationalistes de la Libre Pensée (avec majuscules car c’est la désignation d’un mouvement) considèrent que toutes les croyances religieuses sont des superstitions.

Les connaissances, quant à elles, sont vérifiées auprès des savants de son époque, des sciences, des chargés d’enseignement, etc. Elles s’accompagnent de démonstrations objectives, expérimentales ou de faits dûment inventoriés. Elles ont fait l’objet, ou font encore l’objet, de débats intellectuels pour savoir si c’est vraiment vrai tant que la communauté scientifique n’avalise les phénomènes et leur explication.
L’objectif est, non pas la vérité métaphysique, ultime, absolue, comme la pierre philosophale ou la quête du Graal, mais tout simplement la réalité des choses : est-ce que nos idées correspondent aux réalités ; est-ce que je vois la réalité telle qu’elle est. C’est un travail d’appréhension des choses, mais aussi sur soi-même afin que nos perceptions ne soient pas déformées par nos propres idéologies et notre subjectivité.
Les connaissances vont s’appuyer sur l’expérimentation directe : la médecine (qui fait des progrès considérables au XVI° siècle dès lors qu’on pratique la dissection des cadavres et l’analyse anatomique), l’alchimie (certes à la recherche de la combinaison miracle !) ; puis sur la découverte des lois de la Nature (avec Isaac Newton et sa génération) dans la lignée des physiciens grecs (Archimède, les astrologues, etc.) ; enfin sur toutes les sciences. A cette vérification incessante des connaissances par la communauté scientifique, s’ajoute bien sûr, à un niveau plus modeste et individuel, le savoir faire acquis par chaque travailleur, améliorant ses techniques et capable d’innovation. En plus, les cognitivistes considèrent comme des connaissances les souvenirs de tel ou tel moment de notre vie (connaissances épisodiques) et les procédures que nous engageons dans la réalisation d'activités (connaissances procédurales). Les connaissances ne sont donc pas toujours attestées scientifiquement.
Le théisme et le déisme du Siècle des lumières se représenteront un Dieu créateur qui est l’horloger de l’univers, à la fois créateur et régulateur. Il s’ensuivra que Dieu ne peut déroger par une providence occasionnelle aux propres lois qu’il a établi. Le soleil ne peut s’arrêter, même si Josué en a besoin pour continuer à massacrer ses ennemis ! L’univers est devenu lisible, régulier, dépourvu de signes métaphysiques tels que l’étoile des mages.
La connaissance admet qu’on ne sait pas tout ! Elle est progressive et admet ses limites, en espérant qu’un jour elle pourra comprendre.
Il y a un doute métaphysique, qui est celui d’un Sébastien Castellion, précurseur du protestantisme libéral, qui admet son incapacité à se prononcer sur le fondement du dogme trinitaire et il s’affirme en conséquence disposé à recevoir les arguments des uns et des autres à ce sujet.
Il y a un doute rationnel qui, selon le Discours de la méthode de Descartes, fait table-rase du passé : je n’admets que les idées qui sont prouvées (malheureusement sa démarche n’est pas du tout scientifique car il emprunte le cheminement des mathématiques à partir d’un axiome – « je pense donc je suis » - et par déduction des idées les unes des autres alors que chaque idée doit être confrontée à la réalité dont elle veut rendre compte. Voir l’enchaînement catholique des dogmes par déduction dans les Etudes unitariennes (lien).
Certains peuvent préconiser une rupture générationnelle, par exemple l’Américain transcendantaliste Ralph Waldo Emerson qui estime que les individus ne doivent plus être prisonniers des traditions et se mettre dorénavant à penser par eux-mêmes (le cas des unitariens allemands de la DUR avec l’ici et maintenant à la majorité de l’assemblée au jour J).
La démarche scientifique consiste d’abord à enregistrer un certain nombre de faits en précisant leur authenticité ou leur plausibilité (d’où l’importance d’une méthodologie pour qu’un tel recueil soit indiscutable). Puis à émettre une hypothèse explicative de ces faits (il ne s’agit donc pas d’un simple exercice d’imagination, et on s’abstient si les faits sont insuffisants exemple de la langue basque, isolat linguistique). L’enquête expérimentale ou de terrain permettra ensuite de vérifier si cette hypothèse tient la route. A partir de là, le savant peut élaborer une théorie plus générale confirmant ce qui est déjà connu, le précisant, le complétant, le modifiant ou le réfutant. Dans ce dernier cas, il invitera à un changement de paradigme, à savoir des bases de départ et des références habituelles afin de mieux appréhender l’objet étudié.

Les opinions peuvent reprendre les croyances véhiculées de génération en génération ou bien être celles de son groupe d’appartenances (les ‘perroquets’ qui récitent les credo d’Eglise ou les mots d’ordre des partis politiques, ou encore les éditos des journaux, etc.) – elles sont alors d’ordre communautaires et ne se dissocient pas des croyances héritées. Mais elles peuvent être aussi issues de démarches plus individuelles liées à un effort de connaissance et à une expérience de vie.
Alors que la connaissance en reste à une représentation la plus objective possible des réalités, avec critique des représentations usuelles, l’opinion va au-delà. Elle est un choix à partir des connaissances acquises, mais aussi de sa perception intuitive (et donc subjective) des faits et de son expérience de vie. Elle peut motiver des engagements militants lorsque l’opinion se trouve pris dans le tourbillon des débats, des conflits de générations, des convictions personnelles, des choix de vie. N’hésitons donc pas à dire nos options, mais en sachant que d’autres – tout aussi intelligents ! – peuvent faire d’autres choix. La démocratie repose à la fois sur ces engagements et ce respect des autres.

Repost 0
Published by Jean-Claude Barbier - dans toutes les idées ne se valent pas !
commenter cet article

Contact

Maël Strom
président du CUUF
contact

Recherche

logo

Conseil
des unitariens
et universalistes
français

présentation

Le CUUF est une instance de coordination nationale
qui représente la France auprès de l'International Council of Unitarians and Universalists (ICUU).
Ce site renvoie principalement aux informations publiées sur les sites de ses membres,
jouant en quelque sorte le rôle de revue de presse.
Il encourage aussi la formation d'un réseau de correspondants et de groupes locaux