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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 19:16

Manifeste du 30 septembre 2013 présenté par Jean-Claude Barbier, chrétien unitarien

InterfaithLes récentes décennies ont vu de plus en plus de croyants frayer avec d’autres confessions ou religions que la leur : des Juifs qui redécouvrent que Jésus était l’un de leurs rabbis du Ière siècle, des musulmans donner de l’importante à Marie et à Jésus (respectivement Myriam et Isa) ce qu’ils sont effectivement dans le Coran, des chrétiens considérer que Bouddha fut lui aussi un éveilleur de conscience ou encore que tous les fondateurs et prophètes du monde entier ont contribué à leur façon au patrimoine de l’Humanité, ne serait-ce que par les grandes cultures historiques qui se sont développées sur leur nom (point de vue de l’évolutionnisme religieux de la foi bahaïe, et aussi de l’élargissement au delà du seul christianisme des unitariens-universalistes). Beaucoup de croyants trouvent ainsi intérêt à la découverte des autres spiritualités et religions et fréquentent les groupes de dialogue inter religieux.

photo - symboles religieux dans une Eglise unitarienne-universaliste américaine.


Cela peut susciter des passages entre communautés qui sont dites des « conversions », bien qu’il s’agisse de louer toujours le même Dieu puisque celui-ci, en théologie moderne, ne peut être qu’universel, le même pour tous, les religions et confessions ne nous en donnant que des représentations particulières, historiques et bien humaines (par exemple à partir de « révélations » qu’elles interprètent). Parfois ces passages sont des passerelles aménagées comme par exemple le statut particulier que l’Eglise catholique romaine offre depuis peu aux anglicans qui souhaitent rejoindre ses rangs, ou encore, il y a plusieurs siècles, la possibilités offert aux orthodoxes désirant rejoindre la communion latine de conserver leurs propres rites (les Eglises gréco-romaines de l’Europe de l’Est, les maronites du Liban, les coptes catholiques en Egypte et en Arménie, etc.), voir le statut de leur clergé (les prêtres maronites qui ont le choix du mariage). D’autres communautés vivent ces « conversions » comme des « apostats », des trahisons (lorsque cela se fait à leur détriment mais bizarrement pas lorsque cela se fait à leur profit ! )…alors que notre culture des droits de l’Homme invite à la liberté de conscience, de penser (tout haut  ) et de s’exprimer.
Parallèlement aux grandes religions qui existent ou qui ont existé, il y a toujours eu des cercles de sagesse dont les membres apprennent à accroître leurs connaissances (en magie, ésotérisme, mysticisme, philosophie, élévation morale, etc.). Cela peut aller d’Ecoles (de l’antiquité grecque, monastères bouddhistes, etc.) à des loges qui conditionnent l’entrée à une initiation (voies soufi, loges maçonniques, mouvements ésotériques comme la kabbale, etc.). Il y a eu aussi les religions civiques et le théisme du XVIIIème siècle américain qui s’ajoutent aux religions particulières sans que la liberté d’expression de celles-ci n’en soit entravée (alors que le déisme français fut volontiers anti-clérical, sinon anti-religieux). Ces compléments spirituels qui peuvent convenir à certains n’affectent en rien leur appartenance religieuse proprement dite ; ces cercles religieux ne se présentant pas du tout comme de nouvelles religions.
On peut même comprendre, dans le domaine religieux, la méthodologie du doute (depuis Sébastien Castellion au XVIème siècle !), et les itinéraires de découverte et de recherche, allant d’un mouvement à un autre, sans pour autant taxer cela d’instabilité psychologique.
Notre manifeste veut combattre les préjugés, les méconnaissances de plus en plus archaïques dès lors que l’Internet permet la connaissance des autres, les sectarismes criant au « blasphème », à l’« apostat » ou encore au « relativisme ». Nous pensons que la liberté de penser implique le droit à une personne de prendre attache avec les mouvements spirituels et religieux de son choix, qui lui conviennent, sans pour autant encourir les foudres d’une hiérarchie cléricale ou l’incompréhension de sa propre communauté. Que chacun trouve bonheur et choix dans son appartenance principale, dans une communauté locale ou « on line », et, s’il en éprouve le besoin dans des complémentarités occasionnelles ou régulières.

 

liste des signataires (vous pouvez donner votre accord sur Facebook par un "j'aime", en commentaire à la fin de cet article, ou en envoyant un message à l'auteur, lien) : Jean-Claude Barbier, Maël Strom, Thibaut Victoir, Giacomo Ideolitino Texy, Pascal Triollet, Vincent Defert, Thomas Guilhem, Ahmed Amine Khelifa, Bruno Cadez, Lawrence Sudbury, Danielle Leihning, Emmanuel Bouhier, Jean-Claude Lacaze, Nathalie Capo-Reverdin, Jean-Marie Catteau, Marie-Claire Lefeuvre, Roger Gau, Ismail Christophe Cabrier, Jean-Marc Jacot, Emile Mihière, Michel Jas, Jacques Gourc, 


Le site « Unitariens français » du Conseil des unitariens et universalistes français (CUUF) accueille sur son site ce manifeste et les articles qui suivront sur ce thème dans sa rubrique "la pluri-appartenance" (lien).

 

Ce manifeste a été traduit en italien par Giacomo Tessaro et publié sur le site de la Comunione unitaria italiana (lien).

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Published by Jean-Claude Barbier - dans le droit aux appartenances
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